Socrate et le tirage au sort

Paul Demont

N° 169 Printemps 2020

Article


Montesquieu a écrit : « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie. » Il ne faut donc pas s'étonner que, saisies de fièvre démocratique, les Gilets jaunes aient réclamé le tirage au sort pour désigner les responsables politiques. Ce que l'on sait moins est que la question du tirage au sort a préoccupé la Grèce classique, à laquelle il faut toujours remonter en politique. Suivons donc sur ce chemin un savant helléniste. Il nous rappelle que Socrate, selon Xénophon, était opposé au tirage au sort en matière politique. Or Socrate a bien voulu se présenter au tirage au sort pour la composition du Conseil des Cinq-Cents, organe suprême de la démocratie athénienne. Les choses sont donc plus compliquées qu'il n'y paraît. C'est en les éclairant à travers Xénophon et Platon que l'on s'éduque à la démocratie.

COMMENTAIRE

Selon Xénophon, qui fait parler un accusateur fictif, Socrate était absolument opposé au tirage au sort en matière politique, et ce fut l'un des motifs allégués pour le condamner (Mémorables I, 2, 9) :Par Zeus, disait son accusateur, il faisait que ses disciples méprisaient les lois établies, en soutenant...

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