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Retour sur la crise française

Vincent Feré

N° 166 Été 2019

Article


Au printemps 2017, la France élisait un Président jeune, chantre de la « mondialisation heureuse » (Alain Minc), au moment où la Grande-Bretagne votait le Brexit et où les Américains s'apprêtaient à installer Donald Trump à la Maison-Blanche. Il y avait encore une fois une exception française. L'élection d'Emmanuel Macron annonçait la défaite des populismes. La France, fidèle à sa vocation historique, ouvrait la voie ; le monde allait suivre. Macron pouvait se poser en champion de la démocratie et de la construction européenne, l'ouverture et le libéralisme l'avaient emporté sur le repli hexagonal et l'illibéralisme. Restait aux Français, guidés par leur Président, à faire les réformes trop longtemps différées pour que leur pays retrouve son leadership en Europe et dans le monde.Deux ans plus tard, la France est en crise, l'Europe au point mort, les populismes n'ont pas été vaincus et les sondages placent la liste LREM et celle du Rassemblement national au coude à coude pour les prochaines élections européennes.Que s'est-il donc passé ? Comment expliquer un tel résultat ? La révolte des gilets jaunes amorcée à l'automne semble avoir révélé toutes les fractures françaises que l'élection de 2017 était censée résorber.Les procès ad hominem du président de la République ne mènent pas loin. Les Français eux-mêmes dans leur grande majorité ont bien compris qu'il ne suffirait pas d'appliquer le slogan « Macron démission » pour résoudre les difficultés du pays. Au lieu d'ailleurs d'attendre un hypothétique sauveur – nul Napoléon, nul de Gaulle à l'horizon –, ne faut-il pas plutôt en revenir à l'esprit des institutions de la Ve République conçues précisément pour éviter les troubles conduisant au recours au héros politique, cette spécificité bien française ?

V. F.

Les limites de l'homme providentielDès la campagne présidentielle, Macron a prétendu incarner l'homme providentiel au sens de Stanley Hoffmann dans ses Essais sur la France1. En effet, il est d'abord celui qui a rompu avec la classe politique traditionnelle : sans attache partisane, ayant bruyamment démissionné du ministère...

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