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Retour sur Clemenceau et Monet

Jean-Thomas Nordmann

N° 171 Automne 2020

Article


Deux ans sont passés, 2018 devait être l'année Clemenceau. Quelques biographies, souvent de seconde main, et la publication hâtive d'un dictionnaire spécialisé sont loin d'avoir épuisé le sujet. Revenons sur cet anniversaire manqué. La France traite mal son histoire et ses grands hommes. On relèvera en particulier l'absence d'études sérieuses sur la pensée du grand homme, qu'il s'agisse de sa doctrine sociale pourtant riche et moderne ou de ses idées philosophiques singulièrement méconnues. Sa retraite, au lendemain de son échec à l'élection présidentielle de 1920, loin d'être inactive devait, à cet égard, témoigner d'une indomptable vitalité. Vouée à la méditation, cette retraite est celle d'un homme de lettres ; s'il traite par le mépris, en n'y paraissant jamais, le privilège que lui a accordé l'Académie française, qui l'a élu sans qu'il ait eu à poser sa candidature, Clemenceau ne cesse d'écrire, ce qu'il a toujours fait. L'édition de ses œuvres complètes a jusqu'à présent découragé les chercheurs, tant ses écrits sont nombreux et surtout dispersés. Journaliste né, il réagit quasi instinctivement par la plume. À des chroniques et des billets et à des éditoriaux qui se comptent par milliers s'ajoute l'élaboration d'ouvrages doctrinaux que soutiennent des thèses philosophiques constituées en corps de doctrine auxquelles il donne parfois la forme de laborieuses fictions romanesques. Les dernières années de sa vie lui offrent l'occasion de coordonner l'ensemble de ses vues dans une grande synthèse, Au soir de la pensée. Ce testament spirituel rejoint ses méditations du siècle passé sur l'évolution et sur la vie liées à la diffusion du darwinisme. Jamais étudié et rarement lu Au soir de la pensée mériterait un examen approfondi car on y trouve les idées directrices des autres ouvrages que Clemenceau publie dans les années vingt et notamment de l'étude : Claude Monet. Les Nymphéas, publiée chez Plon, qui nous retiendra ici.

J.-T. N.

L'amitié de toute une viePublié en 1927, le livre vaut d'abord comme hymne d'admiration et d'amitié. Une amitié singulièrement longue et que sa durée aura fortifiée et approfondie. Une amitié qui remonte à la jeunesse des deux hommes. Au début de la décennie des années 1860...

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