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Restent les moralistes

Louis Van Delft

N° 151 Automne 2015

Chroniques


Comment – et de quoi – rire en temps de crise ? Notre ami Louis Van Delft vient de publier aux Éditions Vagabonde Perplexe ou la folisophie. La résilience d'une enfance de petit Juif caché pendant la Seconde Guerre mondiale, la lancinante proximité, de génération en génération, du Juif errant conduisent au constat de la défaite de Démocrite (l'intarissable rieur) devant son compère Héraclite, que l'état du monde fait continûment pleurer. Sur ce versant sombre, la verve finit pourtant par l'emporter. Stultitia, la maîtresse d'Érasme, tout droit sortie de l'Éloge de la folie et préposée aux SJV (sans joie de vivre), transporte Perplexe du « pépin terrestre » sur la planète Moralia, chez les « spectateurs de la vie ». Ces grands moralistes de tous les temps sont un jour conviés à se mesurer en dansant la passacaille (autrefois appelée folía). Le concours se déroule sous la présidence d'Érasme au bras de l'affriolante Stultitia. Déclarant, en paraphrasant Montaigne, que le monde est bien malade et que, d'authentiques rieurs, la pénurie devient inquiétante, le jury tranche en faveur de l'antique morosophie, la folie bien tempérée, véritablement philosophique, des plus sages. Las, cette folisophie est enterrée vivante depuis Lucien, Rabelais et Voltaire. Est préconisée, toutes affaires cessantes, sa remise à l'honneur.En postlude à cette fable philosophique, bilan d'une carrière vouée à la cause des moralistes, la chronique ci-après porte sur la question, plus que jamais à l'ordre du jour, de l'enseignement de la « morale laïque » (projet porté par Najat Vallaud-Belkacem).

COMMENTAIRE

Quelques lecteurs de Commentaire doués d'heureuse mémoire se souviennent peut-être de la vingtaine de chroniques dramatiques signées d'un nouveau venu, parues entre 1991 et 2001. Très perdreau de l'année, rebuté par les mœurs de l'entre-soi médiatique, aggravant encore son cas en adoptant pour devise...

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