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Recherche et universités

Pour une politique nationale

Pierre Mendès France

N° 141 Printemps 2013

Article


Quand nous avons interrogé nos lecteurs sur l'intérêt qu'ils portaient aux différentes rubriques de la revue, ils nous ont dit que la série « L'idée d'Université », dans laquelle cinquante-six articles ont déjà été publiés, n'avait pas leur préférence. Accordons que ces articles sont parfois austères. Ajoutons que l'on n'accorde pas assez d'importance en France aux problèmes universitaires et scientifiques. Si la position relative de notre pays en ce domaine s'est détériorée depuis un siècle, c'est parce que la France n'a pas su se doter, comme les Allemands l'avaient fait au xixe siècle ou comme l'Amérique l'a fait au xxe siècle, d'une organisation universitaire efficace. Notons que ni l'Allemagne ni les États-Unis n'ont jamais bénéficié d'un ministre chargé de l'Enseignement supérieur. Ce n'est ni le manque d'hommes de talents ni le manque de moyens qui expliquent les échecs français comparés aux succès allemands ou américains. C'est l'incapacité politique de créer un système efficace. Ce que d'ailleurs Cournot, Renan, Taine, Pasteur avaient pressenti en leur temps. Et cet échec politique est la conséquence d'une réflexion insuffisante sur les universités et sur la science. C'est la raison pour laquelle nous maintenons cette rubrique, même si elle n'est pas la plus recherchée dans cette revue. Nous le faisons par devoir civique à l'égard de l'idée d'Université.

Dans ce numéro, nous avons retenu trois articles. Deux reproduisent des textes d'hommes politiques concernés par l'Université – ils sont très rares en France – et proches l'un de l'autre par leur indépendance et leur rigueur : il s'agit de Raymond Barre et de Pierre Mendès France. Le troisième nous fait remonter au xive siècle. Jacques Verger explique la première réformation de l'université de Paris. À la fin du xiiie siècle, en effet, il n'y avait qu'une université à Paris et elle était la plus célèbre et la plus prospère d'Europe.

 

 

La publication par Jean-Louis Crémieux-Brilhac de La Politique scientifique de Pierre Mendès France. Une ambition républicaine (Armand Colin/Comité pour l'histoire du CNRS, 2012, 186 p.) rappelle très opportunément que Pierre Mendès France, comme Raymond Barre, fut un des rares hommes politiques à s'être préoccuppé du retard que prenait la France du fait de l'insigne faiblesse de son système universitaire et des insuffisances de sa politique scientifique. On trouvera tous ces textes et toutes les explications dans le volume de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, qui nous a incité à reproduire des extraits de deux grands discours de Mendès France. Le premier en 1956, l'autre en 1966. On relira ces textes en mesurant combien ils restent actuels, notamment en ce qui concerne la fameuse « autonomie » des universités toujours souhaitée, jamais réalisée.

COMMENTAIRE

Notre relatif déclin scientifique (1956)Voici vingt et un ans1 que nous n'avons pas recueilli un prix Nobel scientifique, je l'ai dit un jour à la tribune de l'Assemblée et on l'a souvent répété depuis. À vrai dire, nous avons eu, ces dernières semaines, l'amère...

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