Poutine : politique et économie

Henri Froment-Meurice

N° 153 Printemps 2016

Article


Depuis son arrivée à la présidence de la Fédération de Russie en 2000, Vladimir Poutine s'est fixé un objectif : remonter en puissance la Russie, après la période volontiers qualifiée de « libérale », voire d'« anarchique », durant laquelle Gorbatchev, puis Eltsine sont accusés d'avoir laissé, d'un côté, l'URSS se désagréger, « le plus grand malheur du xx e siècle », selon le nouveau maître, et, de l'autre, la Fédération de Russie, héritière de l'Union soviétique, décliner tant politiquement qu'économiquement. D'où nous pouvons tirer deux conclusions. La première : pour Poutine, c'est donc un « grand malheur » que l'accession à l'indépendance de six Républiques européennes, Ukraine et Biélorussie, seules slaves, Moldavie, Estonie, Lettonie, Lituanie, de trois Républiques du Caucase du Sud, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, de cinq Républiques d'Asie centrale, Turkménistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizstan, Tadjikistan. Autant avouer que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est pas une priorité pour Poutine. La seconde conclusion est que pour Poutine tout doit être mis en œuvre pour faire de la Fédération de Russie une vraie puissance mondiale, tout comme l'avait été l'Union soviétique. En soi cet objectif se comprend et témoigne à tout le moins d'un véritable patriotisme. Et, l'effet suivant la cause, le combat, car il s'agit bien d'un combat, presque au sens militaire du terme, a été engagé sur trois fronts : politique intérieure, politique extérieure, économie.

H. F.-M.

À l'intérieur À l'intérieur Poutine n'a nullement cherché à revenir au communisme et notamment à son idéologie de base, telle qu'exprimée par le marxisme-léninisme, la lutte de classes, la dictature du prolétariat et sa mise en œuvre par un parti unique. Cependant il ne faut...

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