Pourquoi la gauche a perdu les municipales

Jérôme Fourquet

N° 147 Automne 2014

Article


La gauche a essuyé une défaite historique aux élections municipales en abandonnant à la droite un tiers des communes de plus de 9 000 habitants qu'elle détenait, soit pas moins de cent cinquante-cinq villes perdues dont vingt-sept de plus de 50 000 habitants, pour le seul Parti socialiste. Avec seulement trente communes encore détenues dans cette strate des villes les plus importantes, le PS revient à l'étiage qui était le sien à l'issue des désastreuses municipales de 1983. À ces pertes quantitativement impressionnantes s'ajoutent des défaites symboliques lourdes de sens : on citera par exemple la perte des bastions historiques que constituent Limoges ou Niort et la reconquête par la droite de grandes villes perdues en 2008 : Toulouse, Reims, Caen et Saint-Étienne.Il convient dès lors de s'interroger sur les causes profondes de cette déroute sans précédent. Faut-il y voir exclusivement la conséquence d'une puissante vague nationale ou le contexte local a-t-il joué un rôle et, si oui, quels sont les facteurs et paramètres qui ont influencé l'issue du scrutin ? La gauche a-t-elle d'abord été battue par la moindre mobilisation de son camp ou sont-ce ses divisions qui lui ont été fatales ?

J. F.

L'impopularité record de l'exécutifLA très profonde impopularité du couple exécutif et l'absence de résultats perçus de la politique menée ont incontestablement massivement amplifié le phénomène de vote-sanction observable à chaque élection intermédiaire (figure 1).Figure 1Le nombre de villes de plus de 30 000 habitants perdues...

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