Pour un engagement européen au Kosovo

Michael Benhamou

N° 136 Hiver 2011

Article


Douze années après le retrait des troupes de Slobodan Milosevic, le transfert affectif entre le « libérateur américain » et la « mère adoptive européenne » n'a toujours pas lieu au Kosovo, malgré l'aspiration des Kosovars à rejoindre l'Union européenne. Cinq États européens refusent de reconnaître l'indépendance du Kosovo, déclarée en février 2008 sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce désaccord offre un espace pour la diplomatie serbe qui, depuis trois ans, mène une campagne intense pour bloquer la reconnaissance de ce qu'elle considère toujours comme sa province du Sud. Sur le terrain, la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour dans le nord du Kosovo, zone à majorité serbe et hostile à l'État kosovar à majorité albanaise. Bruxelles n'est pas capable de pousser les deux parties à une solution politique durable. Une résolution des tensions entre Albanais et Serbes serait pourtant envisageable si la diplomatie européenne parvenait à se rassembler et à prendre confiance en elle-même. Un freinage de l'élargissement européen aux pays balkaniques serait dans ce contexte particulièrement contre-productif.

M. B.

Une histoire fait le tour des bases de l'OTAN au Kosovo. Le jour du départ des troupes espagnoles de la KFOR1, fin juillet 2009, un représentant de la municipalité d'Istok se serait approché de l'ultime commandant du contingent espagnol pour le remercier chaleureusement de « la contribution hispanique...

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