Paul Reynaud

Raymond Aron

N° 160 Hiver 2017

Article


Parmi les hommes politiques de l'entre-deux-guerres, Raymond Aron admirait tout particulièrement André Tardieu et Paul Reynaud (voir Commentaire, n˚ 28-29, février 1985, p. 255). Lors de son premier séminaire à la Sorbonne, en 1955-1956, il avait demandé à Pierre Hassner de présenter les idées directrices du révisionnisme constitutionnel d'André Tardieu, qui, comme on sait, inspirèrent largement le général de Gaulle, et il avait commenté avec faveur la « sociologie politique » de Tardieu qui combinait, comme celle de Montesquieu, l'analyse des institutions avec celle des élites et des forces sociales. Chez Paul Reynaud, comme on va le voir, il admirait, à l'instar d'Alfred Sauvy, la clairvoyance en matière monétaire et économique (qualité rare sous la IIIe République finissante) et plus encore la lucidité à l'égard de l'Allemagne, la même que celle dont témoignait Churchill en Angleterre. Il considérait que Reynaud « avait eu raison » et, dans sa bouche, ce n'était pas un mince compliment.Le texte que l'on va lire a été écrit à propos du deuxième tome des Mémoires de Reynaud, après leur parution en 1963. Nous disposons, dans les archives de Raymond Aron, magnifiquement classées par Élisabeth Dutartre et déposées à la Bibliothèque nationale, de cinq feuillets dactylographiés ayant pour titre « Le deuxième tome des Mémoires de Paul Reynaud » et portant plusieurs corrections manuscrites de la main d'Aron. Ces pages étaient destinées à une revue nommée Flammes. Nous n'avons pas retrouvé ce périodique, qui a bien paru, puisque Paul Reynaud lui-même fait allusion à cet article d'Aron dans son livre de 1964 : Et après ? (Plon).

J.-C. C.

L'amitié du Président Paul Reynaud me vaut l'honneur et l'embarras de présenter au public le deuxième tome des Mémoires (7 mars 1936-16 juin 1940) de l'homme politique qui fut au pouvoir pendant les semaines les plus tragiques de l'histoire de France et sur lequel...

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