Michel Foucault

Philosophie, histoire, politique et littérature

Philippe Raynaud

N° 153 Printemps 2016

Article


Après Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault est le deuxième parmi les grands auteurs qui ont dominé la scène intellectuelle française dans les années 1960-1970 à entrer dans la bibliothèque de la Pléiade. Ce choix est significatif de ce que représentent ces auteurs dans la culture française. Foucault n'est pas perçu seulement comme un philosophe universitaire et encore moins comme un « historien des sciences » mais plutôt comme un penseur et comme un écrivain qui a occupé une place centrale dans l'histoire culturelle contemporaine, dont les œuvres apparemment les plus difficiles comme Les Mots et les Choses ont connu une diffusion qui dépasse le public habituel de la philosophie et qui, après avoir été reconnu par des universitaires classiques, philosophes et historiens (et par des conservateurs éclairés comme Philippe Ariès), a fini – à tort et à raison – par devenir une figure culte de la pensée « critique ». On peut donc prévoir que cette réédition sera l'occasion, en France et aux États-Unis, de quelques pieuses célébrations des vertus « subversives » de sa pensée, auxquelles répondront les habituels critiques conservateurs du « nihilisme de la chaire ». Mais on peut aussi y voir l'occasion d'une relecture sereine d'un auteur original, et qui vaut sans doute mieux que ce qu'y voient la plupart de ses admirateurs.

Ph. R.

Dirigée par Frédéric Gros avec le concours de quelques bons spécialistes, l'édition de la Pléiade1 présente la plupart des livres publiés du vivant de Foucault ou revus par lui avant sa mort (à l'exception regrettable de ses premiers travaux sur la « maladie mentale2 »), ainsi qu'un choix judicieux...

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