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Macron, les écologistes et l'écologie

Philippe Raynaud

N° 171 Automne 2020

Article


Alors que l'année 2019 avait été marquée par les mobilisations « sociales », contre la réforme des retraites, la période qui a suivi immédiatement la fin du « confinement » et de la « première vague » de l'épidémie a vu, brièvement peut-être, le retour des questions écologiques au premier plan de la vie politique. Ce retour était en quelque sorte annoncé par les incantations de Nicolas Hulot et par les spéculations de quelques figures importantes du monde des sciences sociales, qui voient dans la pandémie actuelle l'occasion de mettre en œuvre une « politique de la terre » (Philippe Descola) ou de se préparer à une « crise écologique » qui sera sans nul doute plus grave que la simple « crise sanitaire » (Bruno Latour). Il s'est traduit de manière visible par la coïncidence entre deux événements de nature différente : la présentation des 149 propositions de la « Convention citoyenne pour le climat » au président de la République, qui s'est engagé à en mettre en œuvre la plus grande partie, et l'élection de maires « écologistes » dans trois très grandes villes (Bordeaux, Lyon, Strasbourg), à quoi il faut ajouter la réélection à Paris d'Anne Hidalgo, dont la campagne et le programme étaient en fait plus « écologiques » que « sociaux ». Ces deux événements doivent être compris à la lumière des problèmes stratégiques qui se posent à Emmanuel Macron : beaucoup des nouveaux électeurs écologistes avaient voté pour lui à la présidentielle et avaient confirmé ce vote en soutenant la République en marche aux européennes, ce qui le pousse à confirmer ses engagements écologiques antérieurs mais le met ainsi en porte-à-faux avec une partie de ses soutiens de droite ou venus de la droite. Tout cela a lieu par ailleurs dans un contexte nouveau, qui dépasse la France, et dans lequel les questions d'environnement pèsent d'un poids nouveau dans la formation des nouveaux clivages politiques des démocraties et dans l'évolution des conditions de l'action publique. Contrairement à ce que certains imaginaient, le changement de gouvernement ne s'est accompagné d'aucun signal important en direction de « l'aile gauche » de la majorité, qui est aussi la plus favorable aux thèmes écologiques, mais cela ne signifie pas que la montée de ces thèmes n'ait pas eu d'importance dans l'évolution de la politique suivie depuis 2018 par Emmanuel Macron.

Ph. R.

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