Les lectures d'Emmanuel Macron

Olivier Mongin

N° 159 Automne 2017

Article


Nommé secrétaire général adjoint de l'Élysée par François Hollande – dont il avait été le conseiller économique durant la campagne présidentielle de 2012 avant d'occuper trois ans plus tard le poste de ministre de l'Économie à Bercy –, Emmanuel Macron a été vite stigmatisé comme un énarque et un banquier. Bref, la honte en France ! Cela n'a pas été sans occulter le véritable parcours du Président élu en 2017, et sans aveugler ceux qui se satisfaisaient de l'image d'un jeune ambitieux à la recherche des couvertures de magazines. Celui que l'on présentait abusivement comme un banquier tombé subitement dans le chaudron de la politique avait pourtant une formation diversifiée et peu habituelle dans le milieu politique. Cela a surpris et a suscité la curiosité d'esprits comme celui de Régis Debray : « Après une période politique qui s'est livrée pieds et poings liés à la vidéosphère, avoir quelqu'un aux manettes qui ne donne pas le dernier mot à BFMTV peut susciter une vraie curiosité, disons un sourire, entre l'ironie et l'expectative » (Le Journal du dimanche, 2 juillet 2017). Mais, au-delà de l'étonnement, il est manifeste qu'Emmanuel Macron est un homme qui aime les livres et sait parler de ses lectures.
O. M.

Des hommes qui lisent

Il partage cette passion avec Paul Ricœur qui aimait dire à une époque que ses meilleurs amis étaient ses livres ; mais aussi avec son Premier ministre Édouard Philippe qui vient de publier, heureux hasard, un ouvrage intitulé Des hommes qui lisent. Un ouvrage qui est un acte de foi en la lecture : « J'ai commencé Des hommes qui lisent en 2011. Je pensais écrire un essai sur une politique publique de la lecture et le publier aussitôt. Et rien ne s'est passé comme prévu. Parce que réfléchir à la lecture, c'est penser des livres, c'est comprendre progressivement pourquoi ils comptent, les bases qu'ils ont posées et les liens qu'ils ont tissés, la part qu'ils ont prise, sombre ou lumineuse […]. Lorsque j'ai achevé la rédaction en janvier dernier, je n'imaginais pas une seconde que la vie politique offrirait l'occasion à un Premier ministre de dédier un livre sur les livres à son père, le premier des Philippe à avoir obtenu son bac1. »

Si Emmanuel Macron n'a pas publié un ouvrage où il présente sa bibliothèque comme son Premier ministre, il n'a pas cessé d'évoquer ou de montrer des ouvrages qui passent aussi par des rencontres personnelles. Qu'il s'aventure et suive des pistes particulières en littérature, en philosophie ou dans les sciences sociales, Emmanuel Macron manifeste toujours un souci, celui de l'action politique. Tel est le fil que je voudrais tirer ici afin de montrer que le Président n'est pas seulement un chanceux qui a su occuper une place sur un mode inattendu.

Au fil des entretiens2 qui ont accompagné la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a rappelé les étapes de sa formation : le théâtre et la littérature durant ses études secondaires, les études de philosophie après le baccalauréat, la rencontre avec Paul Ricœur qui recherchait un assistant éditorial au moment où il rédigeait La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli en 1999, Sciences Po, l'ENA, la participation au comité de rédaction de la revue Esprit qui lui fournit l'occasion de publier six textes sur des thèmes divers, l'inspection des Finances, la commission Attali, la banque Rothschild avant la rencontre avec François Hollande. L'erreur serait de ne voir que des épisodes successifs où un seul intérêt (pour la littérature, pour la philosophie) l'emporte épisodiquement. En effet, il est manifeste, quoi qu'il en soit des informations fournies par des biographies souvent contestables, que la volonté politique est toujours le fil rouge3.

De la littérature comme paysage

Alors que le rapport à la philosophie l'a emporté dans les commentaires à propos de sa formation, Macron est avant tout un lecteur dont la bibliothèque n'est pas marquée par une seule discipline. De manière fort symbolique, au moment de la prise de la photo présidentielle à L'Élysée il pose sur la table qui se trouve derrière lui trois ouvrages : Le Rouge et le Noir de Stendhal, les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle, Les Nourritures terrestres d'André Gide. Si les deux premiers ouvrages se tournent vers l'histoire, celle d'un militaire qui va devenir un « grand homme » et celle d'un ambitieux qui associe les passions privées et les passions publiques, le dernier met en avant une revendication de liberté au caractère hédoniste, voire iconoclaste. Comme Macron évoque souvent les deux figures hégéliennes, deux figures de grands hommes, que sont Bonaparte et de Gaulle, l'historien Patrice Gueniffey qui leur a consacré récemment un ouvrage4 risque une comparaison entre ces hommes politiques passés « au-dessus des partis ». « À la fin 1799 ou au printemps 1958, la solution vient d'un personnage qui n'est pas lié au système des partis, et l'un comme l'autre ont conduit rapidement des réformes avec l'appui des technocrates. Entre juin et décembre 1958, de Gaulle prend plus de 800 ordonnances. Bonaparte, lui, a recours au système des décrets. En trois ans, il change en profondeur le visage de la France sur la base d'une politique ni de droite ni de gauche. Comme de Gaulle5. » Mais l'analogie a bien sûr ses limites pour l'historien : « Elle s'arrête pour le moment aux circonstances historiques. Emmanuel Macron, malgré son élection au suffrage universel, n'a pas la légitimité de ses illustres prédécesseurs qui jouissaient d'une réputation immense quand ils ont pris le pouvoir6. »

Si Emmanuel Macron, qui s'inscrit dans le sillage littéraire de Charles de Gaulle7, évoque de manière guère surprenante Bernanos, Péguy et la figure de Jeanne d'Arc, il met fréquemment en avant ses lectures d'auteurs méditerranéens comme René Char, Jean Giono et surtout Albert Camus (dont l'admiration pour Simone Weil est connue). Ce qui est l'occasion chez lui de mettre en scène la notion de « paysage » historique et géographique. La France est un pays porté par une pluralité de paysages : le 3 juillet, il évoque devant le Congrès les Ardennes la tristesse des cités urbaines, les Hautes-Pyrénées ; dans Révolution8, il se souvient des voyages qui rythmaient ses grandes vacances, dans le Nord parental, d'Amiens aux Hautes-Pyrénées de sa grand-mère. Pays littéraire, la France est pour Emmanuel Macron un pays aux paysages pluriels, un pays où l'on passe d'un univers littéraire à l'autre et qu'on ne peut résumer à une opposition entre la province et Paris. Si ce regard à la fois littéraire et girondin sur le pays résiste à l'opposition exacerbée du centre et de la périphérie, de l'univers urbain et de la ruralité, il permet aussi d'échapper à une conception de l'histoire nationale conçue comme un combat entre une histoire identitaire et une histoire multiculturelle, entre une représentation ouverte ou fermée de l'histoire. La littérature évoque une géographie française que les historiens-géographes comme Fernand Braudel (l'un des trois auteurs cités avec Georges Bataille et Simone Weil par Emmanuel Macron dans son discours du 3 juillet devant le Congrès réuni à Versailles) ont explorée et que les écrivains de l'espace comme Jean-Christophe Bailly ne cessent d'arpenter aujourd'hui. Quand Emmanuel Macron évoque la France, il renvoie à une transcendance qui la dépasse, à une mystique à la Bernanos, mais cette permanence qui exige fidélité est à la fois géographique et historique.

Philosophie et politique

Plus que sur la littérature, on a donc beaucoup parlé du parcours philosophique d'Emmanuel Macron en raison de sa rencontre, en 1999, avec le philosophe Paul Ricœur. Auparavant il a suivi en classes préparatoires puis à Nanterre (l'université dont Ricœur fut le doyen avant 1968) des cours d'histoire de la philosophie. C'était selon lui un enseignement très classique : « J'ai passé beaucoup de temps à lire Kant, Aristote, Descartes […] c'était par goût de comprendre les choses, cela me permettait de mettre en relation l'espace théorique philosophique et le réel. Quand on lit Aristote, on comprend que la philosophie repose sur un rapport au réel. Vous y trouvez une taxinomie, de la botanique9. » Mais la nécessité de se confronter au réel participe plus d'une exigence qui est celle de la politique. C'est pourquoi le jeune philosophe opte pour la philosophe politique et aime rappeler qu'avant Paul Ricœur, son inspirateur est Étienne Balibar (qui, pour sa part, à ma connaissance, reste aujourd'hui fort discret sur son étudiant dont il dit ne plus se souvenir), l'un des penseurs issus de l'école althussérienne. « J'ai suivi son enseignement pendant trois ans ou quatre ans et rédigé sous sa direction un travail sur Machiavel10. » Lire aujourd'hui ce mémoire qui est en passe de devenir légendaire11 permettrait de saisir la singularité de l'interprétation proposée par le futur Président d'un auteur qui était à l'époque réhabilité par la gauche antitotalitaire. Ce dont témoigne Le Travail de l'œuvre Machiavel12, un livre de Claude Lefort qui a joué un rôle actif dans ce qu'on a appelé, dans les années 1980, le retour de la pensée politique. Paradoxalement, cette lecture de Machiavel rompt avec l'économisme de la pensée progressiste (le pouvoir du Prince ne s'explique pas par les aventures du Grand Capital) ; et la double division (la division de l'État et de la société) et la division de la société elle-même (la lutte des factions qui anticipe la lutte de classes) inaugurent une réflexion inédite sur la démocratie13. Quelle est la lecture de Machiavel proposée par l'élève d'Étienne Balibar ? Il est difficile de le présumer sans avoir pris connaissance du mémoire.

Si la prise en compte du « réel » (la lecture du journal chère à Hegel) et du politique par Emmanuel Macron dans le champ de la pensée est indubitable, la rencontre de Ricœur devait infléchir son approche de la pensée politique et en conséquence son rapport à l'action politique elle-même. Celui qui fut l'assistant éditorial de Paul Ricœur à la fin des années 1990 (et non pas son assistant à l'université comme certains s'évertuent à le faire croire pour mieux se démarquer de ce philosophe passé comme un courant d'air dans l'institution) reconnaît que cette étape fut déterminante. Il l'oblige de son propre aveu à tout revoir, à lire Ricœur qu'il n'avait pas lu, mais, surtout, il le confirme dans sa volonté politique.

Cette rencontre l'a obligé à réviser son credo philosophique et à comprendre qu'il fallait passer à l'acte si la politique ne doit pas être une affaire abstraite et une boîte à idées. Avec Ricœur il va apprendre qu'il faut s'engager intellectuellement comme ce dernier l'a fait en s'impliquant dans le travail au long cours d'une revue comme Esprit (il a dirigé un numéro spécial d'Esprit sur l'Université en 1966 avant de devenir doyen de la faculté de Nanterre où il a subi les violences absurdes du gauchisme soixante-huitard. Qui ne se souvient de l'épisode de la poubelle14 !). Ricœur qui l'a « rééduqué sur le plan philosophique » aura fait comprendre à Macron qu'il fallait aller jusqu'au bout de ses engagements politiques. Ce qu'il n'avait pas fait lui-même puisqu'il est resté extérieur à la vie politique effective alors que l'un de ses maîtres était André Philip dont la vie politique fut pour lui un modèle.

De manière plus précise, la rupture Ricœurienne est liée à une volonté de construction politique et réflexive qui rompt avec l'esprit soixante-huitard : « Paul Ricœur a dressé une voie parallèle à celle que notre vie politique et philosophique a portée depuis trente ans. C'est l'autre voie de 68. Derrière Mai 68, il y avait un mouvement de déconstruction par rapport à l'autorité. Lui a constamment revisité les choses en marge des structuralistes et des soixante-huitards, en se situant par rapport aux textes et dans une recherche de la vérité en politique. En acceptant qu'il puisse y avoir une polyphonie ou une pluralité des interprétations15. » Et de préciser les trois apports conceptuels de Paul Ricœur sur le plan de la pensée du politique : « D'abord une pensée de la représentation en politique, qu'il a analysée sous toutes ses formes. Ensuite, c'est l'un de ceux qui ont pensé de la manière la plus forte le sujet de la violence et du mal en politique. Enfin, c'est l'un des philosophes de l'Europe continentale qui a le plus pensé la philosophie délibérative. Il a réfléchi sur la possibilité de construire une action qui ne soit pas verticale (c'est-à-dire qui ne soit pas prise dans une relation de pouvoir), mais une action qui échappe dans le même temps aux allers-retours permanents de la délibération […] Toute la difficulté du politique aujourd'hui réside dans ce paradoxe entre la demande permanente de délibération, qui s'inscrit dans un temps long, et l'urgence de la décision. La seule façon de s'en sortir consiste à articuler une très grande transparence horizontale, nécessaire à la délibération, et à recourir à des rapports plus verticaux, nécessaires à la décision. Sinon, c'est soit l'autoritarisme, soit l'inaction politique16. »

Si ces propos renvoient aux thèmes Ricœuriens du « paradoxe politique », du mal, de la responsabilité, de l'idéologie (« Je crois à l'idéologie politique. L'idéologie, c'est une construction intellectuelle qui éclaire le réel en lui donnant un sens, et qui donne ainsi une direction à votre action17 »), il est frappant de voir que les thèmes politiques l'emportent sur ceux qui traversent La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli, l'ouvrage sur lequel Emmanuel Macron avait travaillé avec Ricœur et dont il a rendu compte dans un article de la revue Esprit18. Mais aussi sur ceux qui portent, dans la trilogie de Temps et Récit, sur l'identité narrative, autant de réflexions qui auraient pu être l'occasion d'une interrogation sur l'histoire nationale échappant au clivage de l'histoire ouverte ou de l'histoire fermée. Enfin, il semble que la pensée biblique de Paul Ricœur n'ait pas retenu l'attention du futur Président, toujours discret sur la question religieuse. Pour lui, la revendication de liberté est toujours plus forte que l'inféodation à une Église quelle qu'elle soit19.

Une dernière référence peut être retenue, inattendue celle-ci. Macron évoque la notion de « pli » qu'il emprunte à Gilles Deleuze, un penseur nietzschéen et bergsonien qui s'inscrit dans le sillage de la révolution de 1968. Celui-ci avait consacré aux éditions de Minuit un ouvrage consacré à Leibniz intitulé Le Pli. Si la politique et la pensée du politique se construisent selon Macron dans les plis et dans les interstices, ce mode de pensée renvoie au pragmatisme anglo-saxon qui pense non en termes d'être (l'Être de l'ontologie philosophique) ou d'opposition hiérarchique mais en termes de conjonctions et de successions de ET20.

Et… et… et… cela renvoie au « en même temps » devenu légendaire et non pas à l'opposition ou au clivage qui relève d'une tradition bien française. Dès lors, comment respecter l'action de l'État et le rendre pragmatique ? C'est la question que le Président Macron va retrouver dans la conduite de son action politique.

De l'engagement politique

Si la formation intellectuelle d'Emmanuel Macron est multiface, si le banquier ne propose pas de grandes théories sur le libre-échange, si ses interventions sur la mondialisation sont moins heureuses qu'au début de la campagne, si la visée politique prédomine et se méfie des grilles de lecture ethnicistes et économicistes, qu'en est-il alors de son parcours politique ? Et pourquoi le PS n'a pas su lui faire confiance, n'a pas pris le risque de lui proposer un mandat et a contribué à alimenter la caricature du banquier désireux d'instrumentaliser la politique ?

Si le parcours est apparemment classique pour un jeune « progressiste de gauche à l'époque », qui est marqué par Jean-Pierre Chevènement, vote pour le Mouvement des citoyens en 2002, tout en se rapprochant progressivement de Michel Rocard, en raison de ses liens avec Henry Hermand, le mécène récemment disparu qui a favorisé l'émergence d'En Marche ; et comme son entourage est composé de conseillers le plus souvent issus des milieux strauss-kahniens, on a souvent vu en Emmanuel Macron un rocardien et un compagnon de la deuxième gauche. C'est ne pas porter suffisamment attention à son intérêt précoce pour l'État et la souveraineté, mais c'est aussi confondre sa conception de la société civile liée au développement du marché dans une société bloquée et celle qui agitait les milieux de la deuxième gauche dans les années 1970-1980. Reste qu'Emmanuel Macron ne se focalise pas « en même temps » sur la société civile et sur l'État, il tente de renégocier les rapports de l'État et de la société civile qui interfèrent l'un et l'autre. « On a énormément de mal à rehausser le politique au niveau de la pensée. Il est saisissant de voir que, dans le moment que nous vivons, on pense si peu l'État. Nous restons dans une approche très régalienne. Le réduire à cette dimension régalienne n'est pas suffisant. Il faut élargir la réflexion sur le rôle que doit avoir l'État dans le temps, dans ses territoires, dans la régulation sociale. Comment reconstruire notre imaginaire politique et notre régulation sociale à la lumière de ce que sont notre économie et notre société21 ? »

C'est dans cette nouvelle alchimie du politique que le devenir de la politique macronienne prendra ou non son essor. Associer le vertical et l'horizontal, la décision régalienne et la délibération, c'est reprendre les questions du Prince de Machiavel. En tout cas le pragmatisme américain d'Emmanuel Macron n'est pas antagoniste d'une certaine fidélité à Chevènement et d'un présidentialisme gaullien qui exacerbe la dimension régalienne du pouvoir. Ce dont Chevènement, lui qui avait écrit un pamphlet contre l'énarchie et qui se réclame aussi de Stendhal et de Julien Sorel, se félicite. « Je ne sais pas s'il a voté pour moi en 2002. Il a milité dans le 11e arrondissement avec Georges Sarre et Jean-Yves Autexier. Emmanuel Macron a réussi là où j'ai échoué, en faisant émerger quelque chose de neuf entre une droite et une gauche traditionnelles également usées. […] Emmanuel Macron a fait turbuler le système. […] Je trouve rafraîchissante cette capacité de lier la réflexion et l'action. Je fais confiance à Emmanuel Macron pour faire bouger les lignes22. » Qui l'eût cru ? Emmanuel Macron fait tenir ensemble Chevènement et Rocard. Resterait à comprendre ce qu'il en advient de l'Europe dont Macron est un adepte indiscutable dans cette réconciliation idéologique un peu illusoire. C'est en effet sur le plan de la politique internationale que l'on peut en saisir les effets. Et, pour ne prendre qu'un exemple, le tournant réaliste pris en ce qui concerne la Syrie et Bachar el-Assad en est le signe.

Notes:


[1] Édouard Philippe, Des hommes qui lisent, J.-C. Lattès, 2017. Édouard Philippe a publié deux ouvrages relevant du polar politique « à la française » avec Gilles Boyer (L'Heure de vérité, Flammarion, 2007 et Dans l'ombre, J.-C. Lattès, 2011). Ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Gilles Boyer est aujourd'hui conseiller à Matignon.
[2] Un grand nombre de ces entretiens ont été regroupés dans Macron par Macron, Le 1/Éditions de l'Aube, 2017. Les extraits que nous citons sont référencés ici MM.
[3] Je me permets de renvoyer à un entretien rédigé pour Le Monde et repris sur le site de la revue Esprit, « Primauté au politique ».
[4] Napoléon et de Gaulle, deux héros français, Perrin, 2016, voir aussi Adrien Le Bihan, Le Général et son double. De Gaulle écrivain, Flammarion, 1996.
[5] Le Parisien, 2 juillet 2017.
[6] Ibid.
[7] Voir Adrien Le Bihan, op. cit.
[8] Emmanuel Macron, Révolution, Pocket/Xo Éditions, 2017.
[9] MM, p. 17-19.
[10] MM, p. 18.
[11] Le Premier ministre indien, Narenda Modi, a offert en juin 2017 à Emmanuel Macron, lors d'un sommet intergouvernemental, un ouvrage intitulé l'Arthashâstram datant d'il y a vingt-cinq siècles rédigé par un certain Kautyliia, lui-même considéré comme le Machiavel indien.
[12] Claude Lefort, Le Travail de l'œuvre Machiavel, Gallimard, 1972.
[13] Un été avec Machiavel, Équateurs Parallèles, 2017, le récent ouvrage de l'historien Patrick Boucheron, s'inscrit dans cette tradition d'un Machiavel confronté à l'indétermination démocratique.
[14] Dans le cadre de son travail au sein de la revue Esprit dont il a été membre du comité de rédaction, Macron s'attache avec Yves Lichtenberger à mettre sur pied un projet de réforme de l'Université (comme Ricœur plus de quarante ans avant).
[15] MM, p. 22-23.
[16] MM, p. 21-24.
[17] MM, p. 22.
[18] Esprit, dossier « Les historiens et le travail de mémoire », août-septembre 2000.
[19] Sylvain Fort, son ami et conseiller « discours et mémoire », à l'Élysée. Il s'agit d'un normalien qui a fréquenté l'École cathédrale fondée par Jean-Marie Lustiger, qui a écrit un ouvrage sur Saint-Exupéry (Saint-Exupéry Paraclet, Pierre-Guillaume de Roux, 2017) dans lequel il s'exprime sur l'enfance, la mort, la prière, l'ascèse et le silence.
[20] Gilles Deleuze et Claire Parnet, Dialogues, Champs Flammarion, 1996.
[21] MM, p. 27-28.
[22] Le Point, 29 juin 2017.
L'Islam et son rapport au monde

L'Islam et ses attraits

Essai sur l'Islam et son rapport à la civilisation occidentale par Alain Besançon