Les Français et l'Europe : un rapport ambivalent

Jérôme Fourquet

N° 141 Printemps 2013

Article


Interrogés en septembre dernier pour Le Figaro à l'occasion du vingtième anniversaire du référendum sur le traité de Maastricht, et à quelques jours du débat parlementaire sur le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), les Français émettaient un avis assez tranché. 60 % se déclaraient ainsi favorables à moins d'intégration européenne et à des politiques économiques et budgétaires propres à chaque État, contre 40 % qui se montraient partisans d'une intégration européenne renforcée avec une politique économique et budgétaire unique (sondage Ifop pour Le Figaro réalisé par Internet auprès d'un échantillon national représentatif de 1 006 personnes du 11 au 13 septembre 2012). Alors que les dirigeants français et européens étaient sur le point de franchir une nouvelle étape dans l'intégration européenne via la ratification par de nombreux pays de ce traité et via également notamment l'avancée du projet d'union bancaire, l'opinion publique française apparaissait réfractaire à ce nouveau pas en avant. On peut même dire que depuis le référendum de 2005, où le « non » l'avait emporté à 55 %, l'hostilité à davantage d'intégration a encore gagné du terrain et que les clivages qui parcouraient la société française à ce sujet se sont encore davantage creusés.

J. F.

Deux FranceCe sont les données qu'il faut avoir présentes à l'esprit, d'autant que, si le renforcement de l'intégration européenne est souhaité par une majorité de professions libérales et de cadres supérieurs (63 %, soit 23 points de plus que la moyenne), les classes moyennes confirment leur basculement...

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