Les diplômes français se dévalorisent-ils ?

Damiano Argan, Robert Gary-Bobo

N° 167 Automne 2019

Article


Cet article étudie l'évolution des salaires des jeunes diplômés français entre 1992 et 2013, enquêtes à l'appui. On constate une dévalorisation des diplômes, de l'ordre de 10 % en termes réels, pour les diplômes universitaires (licence classique et master) et pour les diplômes des écoles d'ingénieurs. Cette dévalorisation a conduit à un tassement de la hiérarchie salariale. Les périodes étudiées, 1992-1995 et 2010-2013, sont comparables sur le plan macro-économique, et le taux de chômage, le taux d'accès et le temps d'accès à un CDI se sont dégradés pour tous les jeunes diplômés. L'examen des origines sociales des étudiants montre que la mobilité sociale a peu évolué. La massification de l'enseignement supérieur ne s'accompagne pas nécessairement de démocratisation. Nous proposons donc une interprétation économique de ces faits, en partie conjecturale, et nous nous demandons si, au vu de ces faits, la poursuite de la massification, sous sa forme actuelle, est souhaitable.

D. A. et R. G.-B.

Nous nous intéressons ici à l'évolution des rendements salariaux et des risques associés aux diplômes, en France, sur une période de vingt ans, de 1992 à 2013, en nous appuyant sur les enquêtes Génération du Céreq1. De l'étude des données, nous tirons une réponse à la question de...

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