Les démocraties et la méfiance

Gérald Bronner

N° 166 Été 2019

Article


Études après études, un peu partout dans les démocraties et en particulier en France, ceux qui sondent les opinions publiques en sont venus à la conclusion inquiétante que les citoyens n'ont plus confiance dans les figures d'autorité, qu'elles relèvent de l'expertise scientifique ou des médias. Ce phénomène est encore plus vrai pour les politiques qui inspirent « dégoût » et « défiance ». Ce n'est pas tout à fait étonnant car les démocraties, dès les premiers moments historiques qui les ont fait advenir, ont ménagé un espace plus ou moins formel de contrôle du politique, toujours suspect de pouvoir trahir le peuple.

G. B.

Une crise de la proxémie politiqueCette surveillance du pouvoir selon Anacharsis Cloots, que Michelet appelait l'« ange blanc de la Révolution », devait être produite par le peuple lui-même. Ce peuple était pour lui comme un Argus, ce géant mythologique à cent yeux qui voit tout et ne dort pas...

Pour lire la suite, achetez l'article