Le vote des Gilets jaunes

Olivia Grégoire

N° 167 Automne 2019

Article


Entre novembre 2018 et mai 2019, la France a traversé deux moments politiques inédits avec l'apparition des Gilets jaunes et, en réponse, l'organisation du Grand Débat national, soit d'une part la tentation de changer le système de l'extérieur, de l'autre la possibilité de le changer de l'intérieur. Pourtant, il ressort du suffrage du 26 mai 2019 une relative stabilité des rapports de force constitués avant l'éclosion des Gilets jaunes. Il n'y a pas eu de chute du parti majoritaire – comme c'est généralement le cas lors d'élections intermédiaires – ou de triomphe d'un parti alternatif – ainsi qu'aurait pu le laisser croire la forte sympathie dont jouit toujours le mouvement. En dépit de son échec à constituer une liste fédératrice, il ne s'agit pas de remettre en cause la réalité et l'ampleur du moment et du mouvement des Gilets jaunes, mais il faut déterminer la nature de leur influence sur le jeu politique, au regard de l'élection qui a eu lieu.

O. G.

Le 9 décembre 2018, Le Journal du dimanche publiait un sondage en apparence fracassant mais, somme toute, attendu : 12 % des Français certains d'aller voter aux élections européennes déclaraient vouloir donner leur voix à une – alors hypothétique – liste Gilets jaunes. Ce score exceptionnel plaçait cette dernière au coude à coude...

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