Le spectre du bonapartisme

Chloé Gaboriaux

N° 136 Hiver 2011

Article


On ne saurait comprendre la culture politique française sans tenir compte du bonapartisme : les travaux de Pierre Rosanvallon l'ont bien montré. Si le fait est si massif, c'est aussi que le bonapartisme a conduit ses adversaires les plus véhéments à infléchir leurs propres conceptions politiques, selon une logique illustrée dès le Second Empire par les réactions de l'opposition républicaine et libérale au soutien populaire dont bénéficie alors Napoléon III. Elles ont en effet esquissé les contours encore perceptibles aujourd'hui d'une certaine défiance des élites à l'égard de l'électorat, défiance qui a pesé sur la compréhension et la mise en œuvre de la démocratie représentative en France.

C. G.

La naissance de la démocratie en France est marquée au fer du bonapartisme : dès les premières élections au suffrage universel masculin, en 1848, les citoyens se prononcent à une écrasante majorité en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte et lui conservent ensuite leur soutien une fois l'Empire rétabli. L'expérience...

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