Le nouveau monde du commerce

Pascal Lamy

N° 151 Automne 2015

Article


Nous sommes en train de passer du vieux monde du commerce à un nouveau dont l'ouverture des échanges modifie la régulation. Cette transformation a des conséquences majeures pour le système commercial international, que ce soit en termes de principes, de politiques, et même de mandats, comme l'ont par exemple montré les récents et turbulents débuts de ce qu'on appelle le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP).En un mot – et au risque de paraître simplificateur –, dans l'ancien monde du commerce, les systèmes de production étaient nationaux et les obstacles au commerce avaient pour objet de protéger les producteurs nationaux de la concurrence étrangère. Dans le nouveau monde, en revanche, la production est transnationale d'un bout à l'autre des chaînes d'approvisionnement en biens et services et les obstacles au commerce ont pour objet de protéger le consommateur contre des risques. Nous ne sommes pas encore complètement sortis du vieux monde et nous ne sommes pas encore entièrement entrés dans le nouveau ; nous sommes quelque part entre les deux. Nous sommes en train de quitter l'administration de la protection – quotas, tarifs douaniers et subventions – pour l'administration de la précaution – sécurité, santé, environnement. C'est une nouvelle version de l'ancienne division entre mesures tarifaires et non tarifaires. C'est ce que j'ai expliqué dans la conférence que j'ai prononcée à Bruxelles, à l'European Centre for International Political Economy, le 9 mars 2015, dans le cadre des Conférences Jan Tumlir. Les lecteurs de Commentaire trouveront ici le texte de cette conférence.

P. L.

Ce qui ne change pasDans ce nouveau monde, certains traits de l'ancien monde ne changeront pas. Premièrement : l'ouverture des échanges, c'est-à-dire la réduction des obstacles ou des restrictions à l'échange, favorise la croissance et le bien-être. Sur ce point, je suis tout à...

Pour lire la suite, achetez l'article