Ajouter au panier Acheter des crédits

Le néo, l'impasse et le moderne

Jérôme Ducros

N° 129 Printemps 2010

Article


Le texte que l'on va lire est une réponse à l'article de Dominique Jameux et Jean-Pierre Derrien publié dans le n° 127 de Commentaire. Son auteur, Jérôme Ducros, né en 1974, est un pianiste reconnu que l'on ne présente plus. Il est également compositeur. Après son Premier Prix de piano obtenu à l'unanimité avec les félicitations du jury au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1993, il participe l'année suivante au premier concours international de piano Umberto Micheli organisé par Maurizio Pollini. Le président du jury en était Luciano Berio. Jérôme Ducros y obtient le Deuxième Prix, ainsi que le Prix spécial pour la meilleure interprétation de l'œuvre imposée : Incises, de Pierre Boulez. Ce succès lui ouvre les portes des cénacles de ce type de musique contemporaine peut-être encore considérée à l'époque comme d'avant-garde par certains, et que la sclérose qui l'atteint a transformée peu à peu en une paléo-avant-garde. C'est cette espèce protégée en voie de disparition que semblent encore défendre Dominique Jameux et Jean-Pierre Derrien. Jérôme Ducros l'a très bien connue pour avoir fréquenté les compositeurs qui en étaient les représentants les plus en vue et créé certaines de leurs œuvres : outre Berio et Boulez, Gilbert Amy, André Boucourechliev, Elliott Carter, Franco Donatoni… En dehors de la réflexion passionnante que nous livre Jérôme Ducros sur la notion de modernité en art, il est donc particulièrement intéressant d'avoir le point de vue actuel d'un jeune professionnel sur cette École un peu dépassée – point de vue, on le verra, bien différent du regard aimable et peut-être nostalgique que portent sur elle Jameux et Derrien.

KAROL BEFFA

Dans leur article « Quelques réflexions sur la musique contemporaine », Jean-Pierre Derrien et Dominique Jameux balaient d'un revers de main tout un pan de la création musicale d'aujourd'hui. Selon eux les « néo », « partisans d'un retour à la tonalité », n'ont pas leur place dans une « réflexion...

Pour lire la suite, achetez l'article : Ajouter au panier Acheter des crédits