Le modèle « École de guerre » ?

Jacques Bille

N° 167 Automne 2019

Article


Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Après les événements de mai 1968 on a créé une commission qui a proposé une réforme qui, pour partie, a été appliquée. Quelques années plus tard, Édith Cresson, Première ministre, a envoyé l'École et ses élèves à Strasbourg, sinon pour réformer du moins pour satisfaire ses humeurs et celles de l'opinion. Vinrent les Gilets jaunes : concours, sélection, classement, élite, grands corps, hauts fonctionnaires ? Ce n'était pas leur genre. Faut-il supprimer l'ENA, la réformer ? Pourquoi, comment ? Nouvelle réforme annoncée. Elle sera « républicaine ». Le contraire aurait surpris. Commission plus réduite, présidée par un Conseiller d'État spécialiste du football professionnel. Droit au but et délais plus courts. On verra si les propositions sont originales et pertinentes. En attendant pour nourrir le débat, quelques anciens élèves de l'ENA ont bien voulu exprimer leur opinion sur ce qui leur paraît opportun. Voici leur avis. Nous reviendrons sur la question quand nous connaîtrons les propositions des rapporteurs.

COMMENTAIRE

Au- delà des effets de tribune, on ne peut songer sérieusement à « supprimer » l'ENA. En revanche, une refonte s'impose, tout le monde en convient. En quelques mots, résumons les trois éléments majeurs.Recrutement et scolaritéLa mode est à la discrimination positive. En l'espèce, il faut à tout...

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