Le médecin, le juge et la fin de vie du patient

Marie Grosset

N° 167 Automne 2019

Article


Les deux articles qui suivent traitent de la tragique affaire Vincent Lambert, affaire médicale, juridique et morale. Le premier analyse le cadre juridique qui concerne la décision médicale et explique le long et difficile débat qui a suivi. Le second tire les conclusions de la dernière séquence judiciaire qui a précédé le décès de Vincent Lambert.COMMENTAIRELes incessants rebondissements du traitement juridictionnel de la situation médicale de Vincent Lambert ont plongé les Français dans la perplexité. Pour mieux délimiter ce que l'on pourrait dénommer les « frontières de l'acceptable », il est nécessaire de faire émerger des éléments de réflexion clairs et constructifs, de rétablir la genèse de l'interaction entre droit et médecine s'agissant des questions de limitation et arrêt de traitements et de tenter de dépasser leurs antagonismes. L'encadrement juridique récent de ces décisions médicales, bien que répondant à des exigences aussi fondamentales que le respect de la dignité de l'individu, se révèle très délicat et ces interrogations nous renvoient à la question majeure de la place du droit dans nos sociétés. Ne faut-il pas, dans les interstices laissés par la loi et le juge, à la marge du droit, permettre à la discussion éthique de prospérer et aux individus d'accepter progressivement la finitude de l'être humain ?

M. G.

Mourir à l'hôpitalJusqu'à la fin du xixe siècle, la mortalité infantile est très importante1, les épidémies fréquentes, les aléas climatiques provoquent des vagues de surmortalité, donner la vie expose les femmes à des grands risques. Les gens meurent chez eux. La mort est omniprésente et les techniques médicales...

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