Le désarroi européen

Thierry Chopin

N° 129 Printemps 2010

Article


L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne est positive pour l'Union européenne en ce qu'elle permet de sortir du blocage engendré par les « non » français puis néerlandais de 2005, qui n'avaient pas seulement « gelé » le processus de ratification du projet de « Traité constitutionnel », mais aussi affecté le dynamisme de la construction européenne. Pour autant, cette sortie de « crise institutionnelle » ne dissipera pas le sentiment qu'il existe une sorte de désarroi affectant l'Union qui s'exprime au moins dans certains États membres, notamment dans les pays fondateurs, qui nourrissent des interrogations quant à l'avenir de la construction européenne. Ce désarroi peut être compris comme le produit d'un « déficit politique » qui est en réalité un « déficit de sens » : l'incapacité à fournir la direction qui doit orienter l'action constitue une exigence politique fondamentale que l'Union ne remplit plus ou, du moins, plus suffisamment.

Th. C.

Pendant plus d'un demi-siècle, la construction européenne avait un objectif clair et mobilisateur : celui d'établir la paix en s'appuyant, faute de mieux, sur l'intégration des marchés nationaux. Il semble que l'intégration économique est parfois devenue un objectif en soi, qui ne suscite guère l...

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