Le cœur et la raison

Bernard de Fallois

N° 162 Été 2018

Article


Cette partie politique comprend quatre textes écrits entre 1974 et 1984. Dans le premier, « Le cœur et la raison », Bernard de Fallois explique pourquoi il prend position en faveur de Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de mai 1974, qui a opposé Valéry Giscard d'Estaing, au premier tour, à Jacques Chaban-Delmas et, au second tour, à François Mitterrand. Il s'agit d'un article publié par Le Monde à la veille du second tour, donc avant le 19 mai 1974. Nous reproduisons le texte tel qu'il a été adressé par Fallois au journal. Nulle raison de penser qu'il soit différent du texte publié. Pour que le lecteur soit au clair sur les choix politiques de Fallois (il ne les a pas toujours exprimés dans la presse), qu'il sache qu'en 1962 Fallois n'a pas approuvé la modification de la Constitution, instaurant le suffrage universel pour l'élection du président de la République, proposée par le général de Gaulle au titre de l'article 11 de la Constitution. En 1965, il a soutenu Jean Lecanuet, en 1969 Alain Poher, en 1981 Valéry Giscard d'Estaing, en 1988 Raymond Barre, en 1995 Édouard Balladur, en 2002 Lionel Jospin, en 2007 François Bayrou, en 2012 François Hollande et en 2017 Emmanuel Macron aux deux tours. Le deuxième article, « La fin de trois légendes », toujours publié par Le Monde, en mars 1978, après les élections législatives remportées par Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre, tire les leçons politiques de ces élections. Le troisième, toujours dans Le Monde, en janvier 1979, répond à Michel Debré, qui, dans Le Figaro, avait soutenu que les États de type national protégeaient mieux des tensions raciales que les États de type fédéral. Fallois soutient la thèse exactement contraire. Enfin, le dernier texte est une longue lettre que Fallois m'avait adressée en octobre 1984 sur le problème de la cohabitation. On sait que le texte de la Constitution de 1958 autorise la dyarchie, c'est-à-dire la cohabitation d'un président de la République et d'un Premier ministre s'appuyant chacun sur des majorités différentes. Raymond Barre, comme Pierre Mesmer, s'était opposé à la cohabitation telle qu'elle a été pratiquée en 1986. Fallois prend la même position que Barre. Mais, en acceptant, en 1986, qu'un gouvernement de droite se constitue sous la présidence de François Mitterrand avec Jacques Chirac comme Premier ministre, Raymond Barre et ses amis au Parlement contrevinrent à l'orthodoxie gaulliste que, sur ce point au moins, Bernard de Fallois avait adoptée, pour les raisons que l'on verra. De même, opposé à la doctrine gaulliste, une fois de plus, François Mitterrand choisit de cohabiter avec Jacques Chirac, Premier ministre, ce qui assura sa propre réélection en 1988.

J.-C. C.

La campagne se termine1. L'examen est proche. L'élève Giscard a passé facilement son écrit dimanche dernier. Dans quinze jours, il a de fortes chances d'être aussi reçu à l'oral. Pourquoi ? Il n'est pas trop tôt pour s'interroger sur des événements tout à fait imprévus...

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