La Russie et l'Europe : les limites du débat

Benoît d'Aboville

N° 169 Printemps 2020

Article


Les anniversaires reflètent davantage les humeurs du temps que les événements passés. En 2019, les célébrations des trente ans de la chute du mur de Berlin et de l'élargissement de l'OTAN en témoignent. L'Alliance Atlantique ne s'est manifestée ces dernières qu'a minima, craignant sans doute de nouvelles foucades du président Trump. Les interrogations sur l'évolution populiste d'une frange de l'ex-Allemagne de l'Est et d'une partie de l'Europe centrale et orientale ont troublé l'atmosphère. Revenant sur les années 1989-1999 qui virent le basculement politique du continent européen, certains s'interrogent sur le bien-fondé du comportement des Occidentaux vis-à-vis d'une URSS, alors en perdition, rejoignant le discours de Vladimir Poutine et un sentiment qui semble encore partagé par l'opinion russe. Le débat sur l'avenir des rapports entre la Russie et l'Europe exige, pour en fixer les limites, de ne pas ignorer ce passé révolu.

B. d'A.

Benedetto Croce écrivait déjà dans les années 1930 : « il n'est d'histoire sérieuse que contemporaine ». Les historiens ont consacré des volumes entiers aux conditions dans lesquelles la période de la guerre froide s'est achevée en Europe, parfois même au prix d'un révisionnisme historique, mais ils savent bien...

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