La réforme, la rue et les syndicats

Dominique Andolfatto, Dominique Labbé

N° 156 Hiver 2016

Article


Au printemps 2016, la France a connu une agitation confuse qui semble devenir coutumière. Après les réformes sur la sécurisation de l'emploi (2013), la formation professionnelle (2014) et le dialogue social (2015), sans effets réels sur l'emploi et les relations sociales à la française, le gouvernement a cherché à lancer une réforme a priori plus volontaire et ambitieuse. Étonnamment, il n'a pas voulu annoncer clairement son ambition et ses objectifs et il a donné le sentiment d'agir sous contrainte, en hésitant et en tâtonnant. La contestation que cette loi a provoquée donne l'occasion de faire le point sur l'état des forces syndicales en France. Plus au fond, ce sont aussi les relations industrielles à la française qu'il s'agit d'interroger.

D. A. et D. L.

Une réforme sous contrainte La réforme, intitulée pompeusement « Nouvelles libertés et nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » puis, plus sobrement, « Travail », est intervenue sous pression. D'abord, la montée irrépressible du chômage : celui-ci culmine à 2,9 millions de sans-emploi (au sens du Bureau international du...

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