La politique tory ou la sottise comme philosophie

George Walden

N° 161 Printemps 2018

Article


En 2017, l'Europe a connu une année d'élections si problématiques – aux Pays-Bas, en Allemagne et en France – que l'on était en droit de penser que, sur le plan politique, les lumières couraient le risque de décliner sur le continent. Le « fasciste » Geert Wilders semblait sur le point de prendre le pouvoir aux Pays-Bas, Marine Le Pen était portée par la vague ayant suivi les atrocités islamistes en France et la chancelière allemande Angela Merkel s'était effondrée dans les sondages après son audacieuse décision d'admettre un million de réfugiés, pour l'essentiel des Syriens.Le seul pays où la stabilité après les élections semblait garantie était la Grande-Bretagne, où Theresa May se trouvait en tête des sondages, tandis qu'on promettait à son challenger Jeremy Corbyn, généralement considéré comme une mauvaise plaisanterie d'extrême gauche, une défaite humiliante.La victoire anticipée des conservateurs ne donnerait pas seulement à Theresa May la majorité confortable qui lui faisait défaut. Tout en la rendant moins dépendante de son aile droite, notamment grâce à la récupération des voix de Nigel Farage et du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (l'UKIP), opposés à l'Union européenne, l'élection renforcerait sa main dans les négociations avec Bruxelles. Avec une économie britannique se portant plutôt bien, alors que l'Europe était hantée par le fantôme de l'immigration, que les Britanniques avaient si audacieusement exorcisé par leur référendum un an plus tôt, l'élection unifierait un pays divisé et justifierait la décision du Brexit. Ce ne fut pas le cas.

G. W.

Plus qu'une déceptionQualifier de déception, comme n'ont pas manqué de le faire les tories, le stupéfiant échec de May, qui n'a pas obtenu une majorité suffisante à la suite de la miraculeuse résurrection de Corbyn, alors qu'on le croyait presque mort, n'était qu'un pâle...

Pour lire la suite, achetez l'article