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La pénalisation de la vie publique

Jean-Éric Schoettl

N° 177 Printemps 2022

Article


Les rapports entre la justice et le monde de la politique se sont détériorés en France depuis plus d'un quart de siècle. Il n'est nul besoin d'épiloguer. Cela n'est satisfaisant ni pour la politique, ni pour l'équilibre des pouvoirs, ni pour la justice qui doit être libre, sereine et respectée. Aujourd'hui, le soupçon règne. Les politiques sont suspectés, les juges aussi. Nous avons écrit à des personnalités en leur demandant leur sentiment sur cette situation, mais en laissant chacune d'entre elles libre de l'objet, de l'angle et du contour de sa participation à cette enquête, qui concerne tous les ordres de la justice. Du débat, de la diversité des points de vue et des questions naîtront la réflexion d'ensemble, les leçons à tirer et les recommandations. Les personnalités que nous avons sollicitées sont d'anciens gardes des Sceaux, des magistrats – en France, donc, des juges et des procureurs –, des membres des juridictions administratives, des avocats et des professeurs des facultés de droit. Notre enquête s'étalera sur les quatre numéros de la revue en 2022. Nous commençons par l'article d'un avocat renommé, maître Daniel Soulez Larivière, parce qu'il a bien voulu nous aider à préparer cette enquête. Le président Hervé Robert, qui était magistrat et membre de notre comité de rédaction, mais qui malheureusement, et tristement pour nous, s'est éteint il y a quelques semaines, nous a également aidés. Nous ne lirons pas, hélas, la contribution attendue de lui, mais son souvenir nous animera tout au long de cette démarche.Voici donc les premières réponses. Deux d'entre elles commentent l'article de Daniel Soulez Larivière. Les autres auteurs procèdent différemment et à leur guise. Que nos lecteurs nous fassent part de leurs interrogations et, s'ils le souhaitent, proposent à la revue leur propre opinion.

J.-C. C.

Qu'ont en commun les « affaires » touchant François Fillon, les ministres Modem du premier gouvernement Philippe et les élus FN et FI au Parlement européen ? ou l'affaire Benalla ? ou l'éviction de Michel Mercier (ancien garde des Sceaux qui devait être nommé au Conseil constitutionnel par le président du...

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