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La guerre en Ukraine : comment la Russie a perdu l'Occident

Michel Duclos

N° 179 Automne 2022

Article


En Europe, l'idée flotte encore dans certains pays que l'agression russe contre l'Ukraine constitue une réponse devenue à la longue inévitable à l'expansion vers l'est de l'OTAN ou à la politique agressive des États-Unis dans « l'étranger proche » de la Russie. Aux États-Unis, un professeur connu pour appartenir à l'école dite réaliste en politique internationale, John J. Mearsheimer, défend cette thèse. Dans les pays émergents, l'argument de Poutine selon lequel celui-ci n'avait d'autre choix que d'attaquer pour se prémunir d'une offensive imminente des Ukrainiens soutenue par l'OTAN fait figure d'article de foi. En France, un patriarche des relations internationales, Thierry de Montbrial, estime regrettable, le 22 juin 2022, dans un podcast influent (Comprendre le monde de Pascal Boniface), que « nous n'ayons pas prêté suffisamment attention aux demandes russes de revoir et mettre à jour Helsinki après ce changement extraordinaire qu'était la chute de l'Union soviétique ».Le Président Macron se réfère souvent lui-même à des éléments d'analyse proches de ce courant de pensée. Disons-le d'emblée : il est très clair que l'affirmation de l'OTAN dans les anciennes possessions de l'URSS en Europe orientale a constitué un élément d'irritation pour les dirigeants russes, amplifié sans doute par les milieux sécuritaires pour justifier leur budget et leur rôle dans l'État. L'analyse qui fait de ce phénomène un facteur majeur des récentes décisions stratégiques du Kremlin se heurte cependant à beaucoup d'objections factuelles.

M. D.

Nul doute, par exemple, que les Russes ont considéré avec déplaisir la décision, prise lors du sommet de l'OTAN tenu à Bucarest en 2008, de ne pas écarter définitivement la candidature de l'Ukraine et de la Gé...

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