La globalisation du poutinisme

Françoise Thom

N° 157 Printemps 2017

Article


Ces derniers mois, presque tous les scrutins dans le monde occidental et l'espace postsoviétique donnent le résultat souhaité par le Kremlin. Brexit, référendum néerlandais sur l'accord d'association avec l'Ukraine, élection de Trump, victoire de Fillon à la primaire de la droite en France, victoire du parti du centre pro-russe en Estonie, élection du pro-russe Dodon en Moldavie, du pro-russe Rumen Radev en Bulgarie, enfin le référendum en Italie. En Russie, les élections législatives du 18 septembre 2016 ont connu un résultat étonnant, si on applique les critères occidentaux à ce scrutin : elles ont donné au parti du Kremlin, Russie unie, 54,18 % des voix (340 sièges sur 450), les autres voix se partageant entre les trois pseudo-partis téléguidés par le Kremlin (en 2011, Russie unie avait recueilli 49,32 % des voix et 238 sièges). Aucun député de l'opposition n'a été élu en 2016. Or les revenus des Russes ont baissé continûment depuis octobre 2014. L'année précédant le scrutin, cette baisse avait été de 8 %. Dans quel autre pays le parti au pouvoir aurait-il amélioré sa majorité dans ces conditions désastreuses ? Ces deux phénomènes, succès des « amis de Poutine » en Occident, consolidation du parti du pouvoir en Russie, nous invitent à nous pencher sur les causes de l'efficacité du système poutinien, non seulement en Russie même, mais dans l'étranger proche et moins proche.

F. T.

« Le monde libre a un nouveau leader, et c'est la Russie ». Viatcheslav Nikonov Viatcheslav Nikonov « Aujourd'hui nous réussissons ce que nous avions tenté de faire sans succès depuis 500 ans ! Et nous changeons l'Occident ! » Vladimir Jirinovski Vladimir Jirinovski Le rodage de la machine de puissance C'est...

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