La double méprise

Pierre Avril

N° 131 Automne 2010

Article


On peut soutenir que la pratique institutionnelle suivie depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République est la conséquence naturelle du quinquennat et de l'aménagement du calendrier électoral qui l'a complété – et donc la conséquence des initiatives de Lionel Jospin à qui il serait d'autant plus équitable de rendre ce qui lui est dû qu'il n'en a pas tiré bénéfice. On peut aussi considérer que cette pratique préfigure une Ve République bis, invoquée ici par Jean-François Copé (« Vers le régime présidentiel. Pour un Parlement rénové », Commentaire, n° 129, printemps 2010, p. 51) – pour ne pas dire une VIe, laquelle est un peu défraîchie, ayant tant servi depuis que Maurice Duverger annonçait en 1961 : La VIe République et le régime présidentiel  ! Sans aucun doute, la question ainsi renouvelée mérite discussion ; elle appelle en tout cas un commentaire qui attire l'attention sur la méprise à laquelle expose une réponse hâtive. Ce commentaire se déroulera sur deux plans, répondant aux deux faces de la méprise encourue, qui est à la fois intellectuelle et concrète.

P. A.

Quelle modernité ?La méprise est intellectuelle d'abord. Elle intéresse le cadre de pensée dans lequel s'inscrit l'actuelle pratique institutionnelle, de même qu'elle affectait la démarche du « Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République » qui inspira...

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