La culture de l'assistanat

Cédric Argenton

N° 151 Automne 2015

Article


À droite, pour dénoncer notre généreux système d'assurances sociales, on parle souvent de « culture de l'assistanat ». On ne sait pas très bien ce que l'expression recouvre mais sa connotation péjorative est claire. On ne parle pas des fraudeurs purs et simples qui mentiraient ou se livreraient à de fausses déclarations pour obtenir tel ou tel paiement et qui, d'ailleurs, agissent dans l'indifférence quasiment générale. On laisse plutôt entendre qu'un certain nombre de personnes qui pourraient travailler préfèrent peut-être vivre des transferts sociaux. Ce qui est étrange, c'est que des comportements analogues ne suscitent pas la réprobation morale lorsqu'il s'agit d'assurances privées : un conducteur qui verrait sa voiture incendiée dans la rue et chercherait à faire fonctionner son assurance aux dommages alors même que son niveau de revenu lui permettrait d'en racheter une autre ne serait pas accusé de « tomber dans l'assistanat ». Il semble que les transferts sociaux ne soient pas réellement vécus par une partie de la population comme un mécanisme d'assurance, mais comme de simples subventions. La multiplication des prestations non contributives a peut-être de ce point de vue largement contribué à affaiblir l'acceptabilité sociale de l'État-providence. C'est une question centrale. Aussi faut-il savoir avec précision ce que l'on entend par cette expression. Peut-on parler valablement de culture de l'assistanat ?

C. A.

C'est un fait : à la campagne, tout le monde connaît telle ou telle famille dont les membres n'ont jamais durablement travaillé. Mais une ou deux anecdotes ne font pas une statistique. Il est légitime de se demander si, réellement, la perception d'aides sociales par un membre de...

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