La crise du libéralisme en Europe centrale

Jacques Rupnik

N° 160 Hiver 2017

Article


En Europe centrale, l'émergence parallèle dans la dissidence des années 1970 et 1980 du libéralisme et de l'affirmation de l'appartenance culturelle à l'Occident a préparé la fin de l'Ancien Régime communiste. Les deux récits, le « moment Havel » et le « moment Kundera », se complétaient dans la résistance au totalitarisme et dans les « révolutions de velours » de 1989. Société ouverte et identité européenne allaient de pair. Un quart de siècle plus tard, force est de constater que les deux éléments, et surtout leur complémentarité, furent remis en cause. Entre « démocratie illibérale » et crispation identitaire face à la vague migratoire, la dérive autoritaire et souverainiste en Europe centrale révèle une cassure au sein de l'Union européenne. Au-delà de la division Est/Ouest ressuscitée, c'est la remise en question du libéralisme d'après-1989 qui mérite d'être analysée. Elle comporte des spécificités centre-européennes, mais la montée des populismes et le rejet du libéralisme sont aussi des traits partagés dans le reste de l'Europe.

J. R.

« Une nouvelle ère frappe à la porte. Une nouvelle ère de la pensée politique, car les gens veulent des sociétés démocratiques et non des sociétés ouvertes. »Viktor OrbánViktorOrbán, 28 janvier 2017.Dans1 son essai écrit à chaud et intitulé Réflexions sur la révolution en Europe2, le sociologue Ralf Dahren dorf...

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