La confiance et l'envie

Jean-Philippe Vincent

N° 150 Été 2015

Article


La conjoncture actuelle est marquée, en France et en Europe, par un déficit de confiance presque absolu. On en voit les conséquences. Mais, dans le même temps, la réflexion sur la confiance n'est guère vivace. Ou bien l'on se garde de tirer parti des efforts qui ont été réalisés pour penser la confiance, notamment dans le domaine économique. À la vérité, l'absence de confiance tient pour l'essentiel à l'incapacité des peuples européens à imaginer et à réaliser un bien commun. Et cette incapacité renvoie en définitive à une pathologie démocratique destructrice : l'envie. Il n'est pas possible de créer le bien commun et la confiance dans une société d'envieux. La recherche du bien commun a toujours été une perspective originale de l'analyse libérale-conservatrice. C'est à travers ce prisme libéral et conservateur que nous analysons la dialectique de la confiance et de l'envie.

J.-P. V.

La notion de bien commun a longtemps été, d'Aristote à Jacques Maritain1 en passant par Gaston Fessard2, un concept central de la philosophie politique. Pour les conservateurs, il a été et demeure une notion clé dans la mesure où il définit...

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