L'intelligence a-t-elle déserté l'Église latine ?

Alain Besançon

N° 150 Été 2015

Article


Publiant aux Éditions de Fallois un livre intitulé Problèmes religieux contemporains (280 pages), je suis heureux d'offrir aux lecteurs de Commentaire la primeur d'un des chapitres de cet ouvrage. Il s'agit de la capacité de l'Église à appréhender la réalité. Des institutions comme la censure et l'Index, la centralisation excessive, ont créé lentement un climat défavorable à la vie intellectuelle. Maintenant que l'Église s'est dépouillée elle-même de ses moyens de force, qui lui ont été aussi retirés un à un par l'histoire, il importe qu'elle renoue avec les labeurs de la pensée. Si elle n'a plus que sa langue, il faut qu'elle soit intelligente pour être persuasive.

A. B.

La fin de l'Empire romain s'était marquée par un recul spectaculaire de la vie intellectuelle. Une institution échappa à la barbarie, l'Église catholique. Elle conserva ce qui restait de la littérature et de la science classiques. Le clergé eut pendant plusieurs siècles le monopole du savoir. Il...

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