L'Europe et le nucléaire après Fukushima

Benoît (d') Aboville

N° 135 Automne 2011

Article


Fukushima n'est pas Tchernobyl. Toutefois, le niveau technologique élevé du Japon, ajouté à l'ombre portée d'Hiroshima et de Nagasaki, ne pouvait qu'induire les opinions à assimiler les deux accidents dans une même contestation du nucléaire et de la fiabilité de ses installations. Dans ce contexte et sous la pression de considérations de politique intérieure, l'Allemagne a décidé, deux mois après l'accident japonais, d'accélérer sa sortie de l'énergie nucléaire et d'investir massivement dans les énergies renouvelables. En raison des incertitudes sur les coûts économiques de ces dernières et les problèmes de sécurité et d'indépendance énergétique, elle n'a pas été, à ce stade, suivie par les plus importants de ses partenaires européens.Il demeure que le nouveau Sonderweg allemand les concerne tous, d'autant que, face à une demande mondiale d'énergie dans un monde en forte croissance, une réduction drastique de la part du nucléaire n'apparaît pas compatible avec les objectifs actuels de lutte contre le réchauffement climatique.Cette remise en cause du nucléaire civil en Europe intervient également au moment où les risques d'accélération de la prolifération nucléaire militaire au Proche-Orient et en Asie n'ont jamais été aussi importants.L'Europe est donc confrontée à un triple défi : développer les énergies renouvelables sans casser la croissance de son économie, assurer une limitation de la production des gaz à effet de serre qui suppose de facto le maintien d'un socle d'énergie nucléaire, maintenir une approche harmonisée sur les questions nucléaires internationales.

B. d'A.

La catastrophe de Tchernobyl a pesé une quinzaine d'années sur le développement de l'énergie nucléaire avant que la perspective d'un doublement de la demande mondiale d'énergie d'ici 2050, combinée avec le pic probable de la production pétrolière, ne débouche sur sa relance. Celle-ci est...

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