L'Europe est-elle coupable ? (II)

Pascal Bruckner

N° 160 Hiver 2017

Article


Rien n'est plus européen et plus occidental que la détestation de l'Occident par des Occidentaux eux-mêmes, que cette passion de porter le scalpel dans notre propre cœur. Il est indéniable que l'Europe a commis au cours de son histoire des crimes et enfanté des monstres et qu'elle a porté, au xxe siècle, à un haut niveau la conjonction de la cruauté et de la technique, avec les deux totalitarismes, le nazisme et le communisme. Il n'empêche que, si l'Europe a enfanté des monstres, elle a aussi enfanté les idées qui vinrent à bout de ces monstres. Ce n'est pas toujours le sentiment qui règne parmi ceux qui condamnent l'Europe. Pour ne pas laisser l'esprit de dénigrement l'emporter, il existe des réponses et des remèdes. Il faut d'abord comprendre les racines de ces préjugés. Il ne faut pas craindre de les dénoncer et d'y répliquer pour nous en guérir. C'est à quoi s'emploie la seconde partie de cet article, dont la première partie a paru dans le précédent numéro.

P. B.

Le paradoxe européenL'Europe, c'est un paradoxe poussé à son extrême : l'absolutisme religieux a engendré la liberté de conscience, la féodalité médiévale a donné naissance à la volonté démocratique, les guerres de religion ont donné lieu à l'idée de laïcité, l'obscurantisme a créé les Lumières et...

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