L'Europe entre rêves et cauchemars

Sylvie Goulard

N° 140 Hiver 2012

Article


Sur l'Allemagne, les regards sont souvent faussés : ceux qui la voient comme « normale » négligent la force de l'Histoire. Ceux qui l'accusent d'égoïsme oublient qu'elle a plus donné à l'Europe que nul autre État membre. Sa force tient surtout à ses mérites et à sa fiabilité dans l'engagement. Elle impose moins ses vues que sa suprématie économique, démocratique, sociale ne s'impose. C'est en fait la France qui s'est laissée vivre et n'a pas, à ce jour, clarifié ses désirs européens.

S. G.

« Quelques nations poursuivent leurs rêves, d'autres sont hantées par leurs cauchemars », écrivait le politologue Michael Stürmer en 19961, dans un article sur l'Allemagne. Il ajoutait alors : « c'est une nation obsédée par les spectres du passé et qui craint toujours de perdre ce qu'elle a réalisé depuis...

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