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L'état d'urgence : une tradition française

Amable Sablon du Corail

N° 173 Printemps 2021

Article


Parmi les innombrables conséquences de la crise du coronavirus, le confinement a rappelé à tous le sens le plus profond et les applications les plus pratiques de l'expression « liberté(s) fondamentale(s) ». Acheter sa baguette de pain sans avoir à se munir d'attestation et de papiers d'identité et sans être contrôlé à chaque carrefour, voilà qui parle à chacun. Ce faisant, tous les citoyens d'Europe et d'une grande partie du monde ont été amenés à s'interroger sur la pertinence de ces faisceaux de mesures restreignant les libertés. Les uns se sont inquiétés des dérives possibles, les autres se sont indignés de l'usage politique qu'en aurait fait le gouvernement pour mieux conforter son autorité. D'autres encore, dont Nicolas Baverez, dans le numéro 170 de Commentaire, ont très justement souligné la facilité avec laquelle tous les éventuels contre-pouvoirs de l'exécutif se sont inclinés devant ce dernier. « Le coronavirus est donc en passe d'enterrer l'État de droit avec l'annihilation des contre-pouvoirs, du principe de légalité et de délibération démocratique. » En réalité, peut-être serait-il plus juste de dire que cette crise a révélé le carton-pâte de tous ces décors dissimulant plus ou moins bien la nature absolutiste de l'appareil politico-administratif qui constitue le pouvoir exécutif en France.

A. S. du C.

L'efficacité médicale du confinement et la légitimité de la plupart des mesures sanitaires qui ont été prises ne sauraient être mises en doute sans beaucoup de mauvaise foi. Il faut pourtant reconnaître que cette crise a été à l'origine d'une intrusion massive des pouvoirs publics dans la...

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