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L'enseignement supérieur et la recherche entrent dans le XXIe siècle

Laurent Wauquiez

N° 137 Printemps 2012

Article


Les quatre questions traitées, sous cette rubrique générale, L'idée d'Université, s'enchaînent et se complètent. Dans le premier article, Antoine Prost, grand historien de nos institutions universitaires, propose un survol de l'Université française depuis la construction, en 1808, par Napoléon, de l'Université impériale (les universités, comme les autres corporations, avaient été dissoutes en 1792) jusqu'à 1968. Le point tournant de cette période ayant été la loi de 1896 qui reconstitue des universités, institutions factices hélas, les éléments du système étant les facultés et le cœur étant l'appareil étatique et centralisé qui les contrôle.Laurent Wauquiez, notre ministre des Universités, décrit le système actuel. Issu lui-même de l'École normale supérieure, il sera lu par nos lecteurs plus comme un collègue ou un homme éclairé que comme un ministre. Son article défend honnêtement les réformes accomplies depuis cinq ans. Il servira de base à la réflexion sur les réformes qui sont encore nécessaires.Fabrice Bouthillon, lui aussi issu, comme les auteurs précédents, de l'École normale, prend fermement position contre l'agrégation. Elle a été créée au xviiie siècle, au lendemain de l'expulsion des jésuites. Procédure de sélection pour de petits nombres pendant tout le xixe et le début du xxe siècle, convient-elle encore à l'époque de l'éducation de masse ? Ne nuit-elle pas à la formation des maîtres et à l'enseignement dans les universités ? Raymond Aron, au grand dam de la Société des agrégés, avait posé la question au début des années 1960 (voir les pages 339-345 de ses Mémoires). Il fallait la reposer à nouveau, avec vigueur.Le baccalauréat reste le premier grade universitaire. Il est divisé en sections (que l'on appelle improprement « séries »). Il faut s'interroger sur ce système et le comparer, comme le fait Bernard Manuel, au baccalauréat international, mieux adapté que le baccalauréat français aux exigences d'une formation générale sans spécialisation excessive et aux besoins des universités. Ce baccalauréat international, à la création duquel ont œuvré d'illustres pédagogues français, est désormais reconnu par les grandes universités du monde, alors que nous nous complaisons à bricoler nos « séries » pour mieux les conserver tout en déplorant leurs défauts. Je ne suis pas sûr, hélas, que l'on parlera beaucoup des universités au cours des campagnes électorales qui viennent, mais nos lecteurs plus que les électeurs savent que ce sont des questions importantes pour la culture des Français et pour l'avenir de la science.

J.-C. C.

 

En cette période où s'exacerbe la compétition internationale des savoirs, avons-nous encore des motifs de confiance en l'avenir de notre pays ? Incontestablement, la réponse est oui. Et elle réside largement dans la transformation profonde que connaît notre paysage d'enseignement supérieur et de recherche depuis cinq ans. Cette métamorphose, accélérée par un investissement sans précédent, est une réponse concrète, offensive, ciblée, aux déclinistes de tout bord. En cinq ans, nous avons donné à l'enseignement supérieur et à la recherche les moyens de défendre les points forts de la France au sein de la mondialisation et d'être un puissant moteur de progrès et de relance par l'innovation.

L. W.

La grande force de notre pays réside dans l'excellence internationalement reconnue de nos chercheurs, que ce soit en sciences exactes ou en sciences humaines et sociales. Le prix Nobel de médecine et de physiologie décerné en décembre dernier à Jules Hoffmann en est un très bel exemple. Or, durant...

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