L'enjeu comptable et l'Europe

Gérard Gil, Michel Pébereau

N° 148 Hiver 2014

Article


Le sentiment que la finance impose des contraintes aux entreprises a été accentué par la révolution des normes comptables. Elles fixent en effet les conditions d'établissement des bilans et des comptes de résultats, dont les évolutions mesurent les performances des entreprises. Depuis toujours, la comptabilité s'établissait selon le principe de la valeur historique (le coût historique des actifs et des passifs). Or, à partir des années 1990, les régulateurs comptables ont commencé à se référer assez systématiquement à la valeur de marché de ces actifs et de ces passifs, dans un souci de rationalisation et d'harmonisation au niveau international. Le principe de la fair market value s'est installé, légitimant aussi souvent que possible la valeur de marché (market value) comme la juste (fair) valeur comptable.Si le principe de la fair market value a un réel intérêt d'un point de vue comptable, il présente des inconvénients que la crise financière mondiale vient de confirmer. Or, l'objectif d'harmonisation des normes à l'échelle mondiale qui le justifiait ne semble plus d'actualité. Il serait dès lors raisonnable de s'interroger sur le cadre conceptuel le mieux adapté pour les normes comptables applicables aux entreprises en Europe. L'Union européenne devrait s'organiser pour défendre dans ce domaine ses intérêts et sa souveraineté.

M. P. et G. G.

Depuis la crise financière mondiale de 2007-2009, on s'inquiète, en France, d'une financiarisation de l'économie qui affecterait l'économie réelle. Elle pousserait en particulier les responsables des entreprises à se concentrer sur leurs résultats à court terme, et à se détourner des stratégies de long terme...

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