L'art des bulles ?

Béatrice Majnoni d'Intignano

N° 170 Été 2020

Article


Tout se ferme : les musées, les galeries et les salles de ventes, toutes les références financières et culturelles…. Les foires d'art contemporain, où s'expriment les tendances, sont repoussées à septembre ou décembre. Comment réagira le monde de l'art contemporain ? Est-il au sommet d'une bulle prête à éclater ou à un tournant majeur déjà amorcé avant la crise ? Le marché décide de la valeur des choses. Il confirme à la fois la persistance de l'attrait qu'exerce l'art classique, lié à l'émotion esthétique, et la dynamique d'une création avant-gardiste se référant au sexe, à la violence et à une conception idéaliste de l'amour universel qui fait dénouer les plus gros portefeuilles. Alors que l'art classique s'ancrait dans la culture européenne, la religion ou la nature, cet art conceptuel et néopop s'ancre dans des images et des héros populaires pris au monde entier et se renforce des techniques de vente à distance. À l'opposé, un brusque retour vers le figuratif et le classicisme d'artistes résolument adeptes de la provocation intrigue par son adhésion nouvelle à la beauté classique. Suscitera-t-il l'émotion du commanditaire ou de l'acheteur ? Que révèle le marché de ces tendances ?

B. M. d'I.

Le marché mondial de l'art1 a atteint 12,6 milliards de dollars en 2019. Seuls les prix et les volumes échangés dans les salles de ventes aux enchères sont à la fois significatifs et connus. Les achats dans les galeries d'art et...

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