L'Allemagne d'Angela Merkel en 2018

Henri Ménudier

N° 162 Été 2018

Article


De l'automne 2017 au printemps 2018, la République fédérale d'Allemagne a été confrontée à deux paradoxes majeurs. La bonne santé de l'économie, la maîtrise du chômage, l'apaisement social relatif à l'accueil des réfugiés et un engagement actif mais prudent sur le plan européen et international semblaient devoir être mis au crédit de la coalition sortante des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates. Or leurs partis respectifs ont été les principaux perdants des élections fédérales du 24 septembre 2017, au profit des petits partis et surtout de l'extrême droite qui s'installe au Bundestag avec un groupe important. Autre paradoxe non moins surprenant, la République fédérale, considérée à juste titre comme un État bien gouverné, devenu un modèle de stabilité, a eu besoin de six mois pour reconduire finalement la grande coalition sortante, toujours dirigée par Angela Merkel, sans doute pour un dernier mandat. Crise des partis ou crise de l'État ?

H. M.

Malgré ses singularités, l'Allemagne politique connaît des mutations semblables à celles de ses partenaires européens comme le recul des grands partis, la fragmentation du corps électoral et la poussée inquiétante des extrêmes. Stabilité et renouvellement caractérisent la République fédérale, qui fêtera son 70e anniversaire le 23 mai 2019 ; elle...

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