L'affaire Carrel

Alain Drouard

N° 162 Été 2018

Article


Il y a un quart de siècle éclatait en France l'« affaire Carrel ». Cette dénomination désigne le procès posthume qui fut intenté au Prix Nobel de médecine de 1912. Au terme d'une habile campagne d'opinion, les rues qui portaient le nom d'Alexis Carrel dans plusieurs villes de France furent « débaptisées » et la faculté de médecine de Lyon renonça à porter le nom de son seul Prix Nobel, que l'université Rockefeller de New York continue d'afficher, il est vrai parmi la multitude de ses Prix Nobel. Alain Drouard, historien qui consacra sa thèse à la Fondation française pour l'étude des problèmes humains (institution dont sont issues l'INED d'Alfred Sauvy et l'ISEA de François Perroux), s'est trouvé mêlé à la polémique qui divisa l'opinion. Il revient sur une affaire qui, au-delà de la formation d'une mémoire collective et d'une nouvelle doxa, constitue un moment particulier de l'histoire de la « bien-pensance » ou du « politiquement correct » en France, histoire qui reste largement à écrire.

COMMENTAIRE

Qui était Alexis Carrel ? Né à Sainte-Foy-lès-Lyon le 28 juin 1873, Alexis Carrel est issu d'une vieille famille de la bourgeoisie lyonnaise1. Aîné de trois enfants, il perd son père à l'âge de cinq...

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