Ajouter au panier Acheter des crédits

Juillet 1914 (I)

Gérard Araud

N° 145 Printemps 2014

Article


Autant avertir les lecteurs d'entrée de jeu : le texte qui suit ne s'inscrit pas dans la tradition historiographique française de la fin du siècle dernier, puisqu'il relève d'une histoire diplomatique qui, depuis des lustres, non seulement n'intéresse pas la plupart de nos universitaires, mais est même décriée au profit de l'analyse de ce que Pierre Renouvin appelait les « forces profondes ». L'influence de l'école des Annales et du marxisme a sans doute joué pour considérer que les jeux obscurs des chancelleries ne pouvaient expliquer les heurs et malheurs de l'humanité. Toujours est-il que même si Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle n'ont jamais négligé le rôle des États dans les relations internationales – tout au contraire – notre pays n'a pas été très fécond, ces deux exceptés, auxquels il faut ajouter Georges-Henri Soutou, en historiens attachés à l'analyse de l'histoire diplomatique, à la différence par exemple des Britanniques ou des Américains. Cette réticence, encore présente, devrait pourtant s'effacer lorsqu'il s'agit de comprendre ce qui s'est passé en juillet 1914. C'est l'objet de ce premier article. Le second, qui paraîtra dans le prochain numéro de la revue, traitera des causes et des responsabilités de la guerre.

G. A.

En quelques semaines, à vrai dire en quelques jours, du 23 juillet, date de l'ultimatum austro-hongrois à la Serbie, jusqu'au 1er août, date de la déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie, le monde a basculé dans la guerre, une guerre continentale comme l'Europe...

Pour lire la suite, achetez l'article : Ajouter au panier Acheter des crédits