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Deux fractures électorales majeures

Mitterrand 1981, Macron 2017

Alain Duhamel

N° 173 Printemps 2021

Article


La conquête électorale est la forme la plus démocratique d'accès au pouvoir, bien plus qu'un arrangement parlementaire. C'est d'ailleurs encore plus vrai lorsqu'elle passe par une élection personnelle comportant plusieurs candidats que sous la forme simplificatrice d'un référendum. Ce n'est pas pour autant un long fleuve tranquille, moins encore un exercice immuable. En France, les élections présidentielles en constituent désormais la forme la plus théâtrale et le moment le plus décisif. Sous la Ve République, depuis que l'on élit le chef de l'État au suffrage universel direct, deux élections présidentielles ont marqué plus que les autres, parce qu'elles ont à la fois symbolisé et provoqué des ruptures franches et profondes des équilibres politiques : le 10 mai 1981, puisque l'élection de François Mitterrand déclenche la première véritable alternance depuis 1958, la première arrivée au pouvoir de la gauche en 23 ans, une césure quasi historique ; et puis le 7 mai 2017, car l'élection d'Emmanuel Macron à la tête de l'État a balayé toutes les règles, toutes les traditions, tous les rites politiques habituels. Deux fractures électorales majeures donc, et cependant deux phénomènes politiques foncièrement différents et presque antagonistes, deux élections clés aux antipodes l'une de l'autre, que j'ai analysés le 16 novembre 2020 devant l'Académie des sciences morales et politiques, présidée par le professeur Pierre Delvolvé.

A. D.

L'élection de François MitterrandL'élection de François Mitterrand à la présidence de la République marque en effet paradoxalement l'accomplissement de la Ve République, presque son aboutissement, puisque la victoire du plus violent procureur des institutions gaulliennes achève d'installer celles-ci. Le leader socialiste se glisse avec un...

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