Déploration d'un mécanisme inexorable

Alexandre Adler

N° 146 Été 2014

Article


Le propos de cet article se situe à mi-chemin de l'étude chronologique et de la réflexion littéraire sur la catastrophe de 14-18. Il essaie, une fois de plus, de proposer une lecture de ce mécanisme inexorable par lequel l'ensemble des puissances européennes, un siècle après le Congrès de Vienne, se sont liguées pour faire exploser un ordre ancien qui, rétrospectivement, nous semble doué de tous les mérites. Il est hors de question, comme le faisaient, dans leurs polémiques, les historiens de l'entre-deux-guerres, de faire porter sur la politique de l'une des grandes puissances la responsabilité unique de la catastrophe de Sarajevo. Pour autant, il reste encore à mettre en évidence les mécanismes fondamentaux de cette mise à feu qui n'aurait pas pu remporter un tel sinistre triomphe si le terrain n'avait pas été préparé de longue main. C'est ce que nous allons essayer de mettre au jour en considérant tour à tour les politiques à moyen terme de la France, de l'Angleterre, de la Russie et pour finir de l'Allemagne et de ses alliés les plus proches. Nous espérons ainsi clarifier des enjeux qui sont encore étrangement actuels.

A. A.

Après 1871Les études détaillées de la crise qui s'enclenche avec l'attentat de Sarajevo ne manquent pas, leur précision factuelle n'ayant cessé d'augmenter avec le temps ; les perspectives philosophiques les plus générales ne sont pas non plus absentes du débat, et nous disposons aussi de ces grands...

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