Ajouter au panier Acheter des crédits

De Sciences Po à Harvard. Stanley Hoffmann (1928-2015). Cahier complet

N° 159 Automne 2017


Ses amis, ses élèves, cette revue, dans laquelle il a souvent écrit, ont voulu, rendre hommage à Stanley Hoffmann pour témoigner de l’admiration qu’ils lui portent et de la gratitude qu’ils lui doivent. Stanley Hoffmann était né à Vienne le 27 novembre 1928. Il est mort à Cambridge, dans le Massachusetts, le 13 septembre 2015. Il a passé sa jeunesse en France où sa mère bien avant l’Anschluss s’était réfugiée avec lui. Brillant lycéen, il connut adolescent la vie tragique des Juifs autrichiens pourchassés par l’occupant. D’abord à Nice, puis à Neuilly et Paris, il a vécu le désarroi produit par la défaite et les misères qui suivirent. À travers ces épisodes douloureux, il apprit à aimer notre pays qui devint sa patrie d’élection. Après la guerre, remarqué comme l’un des meilleurs élèves de Sciences Po, il envisagea d’y faire carrière et, parallèlement, de présenter l’agrégation des facultés de droit, car il avait écrit et soutenu, sous la direction de Suzanne Bastid, une thèse de droit international public (discipline qu’il maîtrisait sans s’y plier aveuglément). Mais son destin fut autre, il partit étudier à Harvard, où il devint notamment l’élève de Carl Friedrich, de Sam Beer et de McGeorge Bundy, et le condisciple de Henry Kissinger, de Zbigniew Brzezinski et de Samuel Huntington ; il y fut accueilli à bras ouverts et il choisit d’y demeurer, pour devenir l’un des plus éminents professeurs de cette prestigieuse université. Par la suite, quand sa mère vint le rejoindre, il adopta la nationalité américaine, sans jamais renoncer à la nationalité française. Ses domaines privilégiés étaient les relations internationales, la politique française, l’histoire intellectuelle de l’Europe. Il aimait passionnément enseigner aux undergraduates du College et le faisait de manière classique, dessinant souvent au tableau avec des accolades le plan parfaitement balancé de son cours. Il aimait aussi ses étudiants, toujours attentif à les écouter et toujours soucieux de les guider. Il avait été le disciple de Raymond Aron et, comme lui, dans ses séminaires de recherche et dans ses écrits de relations internationales, il ne séparait pas le réalisme dans l’analyse de la critique morale et de la perspective philosophique qui doivent l’accompagner. En ce sens, il donnait à l’étude de la politique la signification la plus élevée qui soit. Il devint aux États-Unis un des meilleurs interprètes de la France, qu’il étudiait et comprenait sans complaisance mais avec bienveillance. Il fut aux États-Unis et dans le monde l’un des meilleurs interprètes de la politique mondiale au xxe siècle, toujours en séparant la lucidité et la moralité, mais sans jamais abandonner ni l’une ni l’autre. Nous offrons ce livret à Inge Hoffmann en mémoire de Stanley, et à nos jeunes lecteurs pour les inviter à lire et à méditer l’œuvre d’un professeur qui toujours enseigna, aima l’étude et la musique et prit de l’âge sans jamais vieillir.

J.-C. C.

Pour lire la suite, achetez l'article : Ajouter au panier Acheter des crédits