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De l'État stratège à l'État caméléon

Deux décisions politiques : Astrid et les SMR

Yves Bréchet

N° 168 Hiver 2019

Article


Yves Bréchet, membre de l'Académie des sciences, ancien haut-commissaire à l'énergie atomique, dans un article de Commentaire (n° 161, printemps 2018) intitulé « Science et politique », s'inquiétait de la pauvreté voire de l'inexistence des analyses scientifiques qui devraient sous-tendre la décision politique dans des domaines comme l'énergie ou la santé. Il attribuait cette situation à la baisse des compétences scientifiques dans les grands corps techniques de l'État, à l'absence quasi totale de formation scientifique dans les grands corps administratifs et à l'incapacité de mobiliser les académies ou de se doter d'un conseil scientifique digne de ce nom auprès de l'exécutif, et enfin au désintérêt complet de la classe politique dans son ensemble (à de rares exceptions) pour la science et la technologie.Depuis, notre auteur considère que la situation ne s'est pas améliorée, « la décérébration collective du politique se poursuit, s'incarne par exemple dans la fascination pour l'égérie enfantine des brumes boréales (le parallèle avec la “croisade des enfants” au xiiie siècle est frappant) et les conséquences de cette situation se font sentir de façon inquiétante ». Yves Bréchet le montre, dans l'article qui suit, à partir de l'analyse de deux décisions politiques qui ont été prises dans le domaine du nucléaire : l'arrêt du programme Astrid sur les neutrons rapides et l'accord sur le développement de réacteurs de petite taille (SMR).

COMMENTAIRE

Le cas de l'industrie électronucléaire est emblématique (mais non exclusif) de l'appauvrissement technique de l'État et des conséquences qui en résultent. On peut y voir un problème d'importance majeure pour le pays, mais aussi un révélateur d'un mal plus profond.L'électricité d'origine nucléaire...

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