Comment financer les universités

Béatrice Majnoni d'Intignano

N° 165 Printemps 2019

Article


Le monde universitaire n'échappe pas aux convulsions. Tabous, hypocrisie, mépris et paradoxes y règnent, exacerbés dès qu'il s'agit d'argent ! Or la question du financement est sur la table. La Conférence des grandes écoles et Campus France (agence publique chargée de valoriser l'enseignement supérieur français) plaident pour augmenter les droits d'inscription des étudiants étrangers. Refus des syndicats et lancement du plan « Bienvenue en France » (Choose France) par le gouvernement. Tabou : l'attrait qu'exercent les filières sélectives et payantes des grandes Écoles, Sciences Po, IUT, université Paris-Dauphine, cursus privés, s'accroît. Leur liste s'allonge, démontrant que les étudiants acceptent la sélection et le prix pour accéder à la qualité. Les filières sans débouchés ou de piètre intérêt perdurent à l'abri de la fiction du diplôme unique. Hypocrite : la confusion entre gratuité d'accès et égalité des chances : la gratuité opérant une redistribution à l'envers au profit des classes aisées. Hypocrite encore : la dualité de l'enseignement supérieur français composé d'une aristocratie d'écoles ou d'instituts bien dotés et bien gérés, et d'un tiers état d'universités en mal de moyens et de gestion des ressources humaines. Méprisante : la sélection cruelle par l'échec au cours des premières années de licence qui coûte cher au contribuable et gaspille le temps de l'étudiant. Paradoxal enfin le refus d'analyser les stratégies et les innovations étrangères pour augmenter les moyens financiers des universités, pour absorber l'accès massif des étudiants aux études supérieures, pour préserver la qualité des enseignements et pour résister à la concurrence mondiale en conservant ou en attirant les meilleurs étudiants…

B. M. d'I.

Les universités, au sens large, utilisent six sources de financement : les fonds publics (le contribuable) en moyenne pour les deux tiers, les fonds privés dont l'apport des étudiants et des entreprises, les transferts du secteur public au privé (subventions, bourses…), enfin les dons et les revenus de leur patrimoine...

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