Charles Dickens et les États-Unis

Guillaume Lagane

N° 140 Hiver 2012

Article


« You're a gay flag in the distance, écrit Dickens de la Bannière étoilée. But let a man be near enough to get the light upon the other side, and see through you ; and you are but a sorry fustian*. » Cet extrait de Martin Chuzzlewit, qui forme, avec les Notes américaines, les deux principales œuvres du grand écrivain anglais consacrées à l'Amérique, est un témoignage assez parlant de la piètre estime dans laquelle Dickens a tenu les États-Unis.Né en 1812, l'année de la dernière guerre anglo-américaine, Dickens a rapidement gravi, dans la société britannique encore dominée par l'aristocratie, les échelons de la gloire littéraire. Idéaliste et ambitieux, travailleur acharné et moraliste intransigeant, il a remporté un immense succès outre-Atlantique. Son voyage de 1842 aurait pu être le départ d'un formidable engouement entre le créateur de David Copperfield et un pays dont il partageait tant de valeurs et d'espoirs. Ce fut le début d'une hostilité durable pour le peuple américain, qui se tempérera, mais qui persistera, comme la hargne antiaméricaine de Stendhal, qui n'avait jamais mis les pieds en Amérique.

COMMENTAIRE

« Hail Colombus ! »Publié en feuilleton de 1843 à 1844, Martin Chuzzlewit est aujourd'hui considéré comme un des meilleurs romans de Dickens. Les ventes des premiers épisodes se révélèrent pourtant décevantes. Pour relancer l'intérêt, Dickens décide donc de faire voyager le héros éponyme, à court d'argent, vers l...

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